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LIVRE XXV.

nables pour les généraux blessés dont cette ville était remplie. DeWeimar il prit à droite, et se dirigea sur Naumbourg , pour féliciterlui-même le corps du maréchal Davoust, pendant que ses lieutenantspoursuivaient à outrance l’armée prussienne.

L’infatigable Murat, dans cet intervalle, avait galopé avec ses esca-drons jusqu’à Erfurt , et investi la place , qui, quoique de force mé-diocre, était cependant entourée d’assez bonnes murailles, et pourvued’un matériel considérable. Elle regorgeait de blessés et de fuvards.On y avait transporté le maréchal de Mollendorf, pour lequel Napoléonavait recommandé les plus grands égards. Murat somma Erfurt , enfaisant appuyer sa sommation par l’infanterie du maréchal Nev. Il n ! yavait parmi les fuyards prussiens personne qui fût capable de tenir têteaux Français , et de répondre par une résistance énergique à l’impé-tuosité de leur poursuite. D’ailleurs 14,000 à 13,000 fuyards, dont6,000 blessés, la plupart mourants, un désordre inouï, n’étaient guèredes éléments de défense. La place capitula le soir même du 13. On yrecueillit, outre les 6,000 blessés prussiens, 9,000 prisonniers et unbutin immense. Murat et Ney en partirent immédiatement pour suivrele gros de l’armée prussienne.

Murat avait envoyé à Weissensee les dragons de Klein, pour inter-cepter les corps qui fuyaient isolément. Cette ville était entre Som-merda oiï le roi avait passé la première nuit, et Sondershausen où ildevait passer la seconde. Le général Klein y devança les Prussiens. Legénéral Blucher , arrivé avec sa cavalerie, fut fort étonné de rencontrerdéjà sur son chemin les dragons de Murat. Ayant demandé à parle-menter, il engagea une sorte de négociation avec le général Klein , ets’appuyant d’une lettre écrite par Napoléon au roi de Prusse , lettrequi contenait, disait-on, des offres de paix, il affirma sur sa parolequ’un armistice venait d’être signé. Le général Klein crut le généralBlucher et ne mit aucun obstacle à sa retraite. Cette ruse de guerresauva les restes de l’armée prussienne. Le général Blucher et le maré-chal Kalkreuth purent ainsi se rendre à Greussen. Mais le maréchalSonlt suivait ces corps d’armée sur la même route. Le lendemain ma-tin 16, il atteignit à Greussen l’arrière-garde du maréchal Kalkreuth,lequel, voulant gagner du temps , fit valoir à son tour la fable d’unarmistice. Le maréchal Soult ne s’y laissa pas prendre ; il déclara nepas croire à l’existence d’un armistice, et, après avoir employé quel-ques instants en pourparlers, afin de donner à son infanterie le temps