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rigoureuse, il conseilla au roi Louis d’envoyer ses troupes au maréchalMortier, et d’abandonner à celui-ci le soin d’opérer l’expropriation dela maison de Hesse , avec l’obéissance et la probité qui le distinguaient.Le maréchal Mortier devait déclarer que l’clccteur de Hesse avait cesséde régner (forme déjà adoptée à l’égard de la maison de Naples ), s’em-parer de ses États au nom de la France , et licencier son armée, enoffrant à ceux des soldats hessois qui voudraient encore servir dé serendre en Italie . C’étaient pour la plupart des hommes robustes, biendisciplinés, fort habitués à porter les armes hors de leur patrie, pourle compte de ceux qui les payaient, notamment pour le compte desAnglais, qui les employaient dans l’Inde avec beaucoup d’avantage.L’armée hessoise se composait de 32,000 soldats de toutes armes.C’était un précieux résultat que de ne plus laisser derrière soi cetteforce redoutable, surtout en voulant se porter au nord, aussi loin quele projetait Napoléon.
Avec ces divers ordres, Napoléon envoya sur le Rhin la nouvelle deses éclatants succès, nouvelle qui devait dissiper les espérances de sesennemis, les craintes de ses amis, et accroître chez les soldats restésà l’intérieur le zèle à rejoindre la grande armée. Suivant son usage,il y ajouta une multitude d’instructions pour l’appel des conscrits,pour l'organisation des dépôts, pour le départ des détachements des-tinés à recruter les cadres, et pour le règlement des affaires civiles, qui,sous son règne, ne souffraient jamais des préoccupations de la guerre.
D’Iéna, Napoléon se rendit à Weimar . Il y trouva toute la cour dugrand-duc, compris la grande-duchesse, sœur de l'empereur Alexandre.Il n'y manquait que le grand-duc lui-même, chargé du commande-ment d une division prussienne. Cette cour polie et savante avait faitde Weimar l’Athènes de la moderne Allemagne , et sous sa protectionGoethe , Schiller, Wieland, vivaient honorés, riches et heureux. Lagrande-duchesse, qu’on accusait d’avoir contribué à la guerre, accou-rut au-devant de Napoléon, et troublée du tumulte qui régnait autourd’elle, s’écria en l’approchant : « Sire, je vous recommande mes su-jets. — Vous voyez, madame, ce que c’est que la guerre, » lui répon-dit froidement Napoléon. Du reste, il s’en tint à cette vengeance,traita cette cour ennemie , mais lettrée , comme Alexandre eût traitéune ville de la Grèce , se montra plein de courtoisie envers la grande-duchesse, ne lui exprima aucun déplaisir de la conduite de son mari,fit respecter la ville de Weimar , et ordonna qu’on eût les soins conve-vu. s