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LIVRE XXV.
fondeur, pour servir d’asile à l’armée fugitive. On y aurait été pour-suivi par les Franchis, très-alertes dans les montagnes, et peut-être, lachaîne traversée, on les eût trouvés encore au delà, barrant la routede l’Elbe. C’était donc une détermination bien conçue que de se dé-tourner à droite, pour se porter directement sur l’Elbe et Magdebourg .Cependant on traînait après soi un parc de grosse artillerie, qui ralen-tissait beaucoup la marche. On imagina de le confier au généralBlucher, qui, tournant par le côté opposé les montagnes du Hartz, parOsterode, Seescn, Brunswick, devait descendre dans les plaines duHanovre , sans être suivi par les Français ; car il était à présumer queceux-ci se jetteraient en masse sur les pas de la grande armée prus-sienne, et n'iraient pas courir après un détachement à travers les diffi-ciles roules de la liesse. En conséquence le général Blucher , avecdeux bataillons et un gros corps de cavalerie, se chargea d’escorter legrand parc. Le duc de Weimar , qui s’était enfoncé avec lavant-gardedans la forêt de Thuringe , en était bientôt revenu au bruit des deuxbatailles perdues. Il longeait le pied des montagnes, côtoyant du plusloin qu’il pouvait les deux armées française et prussienne. Il reçut àtemps l’avis du mouvement que devait exécuter le général Blucher, etrésolut de se joindre à lui par Osterode etSeesen. Le maréchal Kal-kreuth, après avoir séjourné quelques heures à Nordhausen pour cou-vrir la retraite, se dirigea droit sur l’Elbe, au-dessous de Magdebourg ,aimant à marcher seul, et mécontent d’avoir passé successivementsous les ordres de deux généraux qu’il estimait peu , tandis qu’ilcroyait, non sans raison, avoir mérité le commandement en chef.
Les maréchaux Ney, Soult cl Murat se mirent à la poursuite de lagrande armée prussienne , forçant de marche pour la joindre , et luienlevant à chaque pas des prisonniers et du matériel. Mais la route deNordhausen à Magdebourg n’était pas assez longue pour qu’ils eussentle temps de gagner les Prussiens de vitesse. Ils atteignaient toutefoisle but principal, en ne leur laissant pas un jour de repos, et en leurôtant ainsi tout moyen de se réorganiser, et de former encore surl’Elbe un rassemblement de quelque consistance.
Pendant ce temps, le maréchal Bcrnadolte avait marché sur Halle pour y passer la Saale, et gagner l’Elbe vers Barby ou Dessau. Halle est sur la basse Saale , au-dessous du point où cette rivière reçoit l’El-ster, et au-dessus du point où elle se réunit à l’Elbe . A son départ deWeimar pour se retirer sur l’Elbe en se couvrant de la Saale , le duc de