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Brunswick avait ordonné au prince Eugène de Wurtemberg de se por-ter sur Halle, à la rencontre de la grande armée prussienne. Ce princey était venu avec un corps d’environ 17,000 à 18,000 hommes, for-mant la dernière ressource de la monarchie. Il s’y était établi pourrecueillir dans un bon poste l’armée battue. Mais elle ne se dirigeaitpas vers lui, puisqu’elle avait pris la route de Magdcbourg ; et à saplace on vit paraître, le 17 octobre au matin, un détachement detroupes françaises. C’était la division Dupont, qui, pour le moment,suivait le corps du maréchal Bernadoltc. A peine arrivé en vue deHalle, le général Dupont, qui avait ordre d’attaquer, se hâta de re-connaître lui-mèmc la position de l’ennemi. La Saalc se divise en plu-sieurs bras devant la ville de Halle. On la passe sur un pont d’unegrande longueur, qui traverse à la fois des prairies inondées et plu-sieurs bras de rivière. Ce pont était garni d’artillerie, et en avant setrouvait une troupe d’infanterie. Dans les îles qui séparent la rivièreen plusieurs bras, on avait disposé des batteries, qui enfilaient la routepar laquelle arrivaient les Français. A l’extrémité du pont se présentela ville, dont les portes étaient barricadées. Enfin au delà, sur les hau-teurs qui dominent le cours de la Saale , on apercevait le corps d’ar-mée du prince de Wurtemberg rangé en bataille. Il fallait donc fran-chir le pont, forcer les portes de Halle , pénétrer dans la ville , latraverser , et enlever les hauteurs en arrière. C’était une suite dedifficultés presque insurmontables. A celte vue, le général Dupont,qui avait livré les beaux combats de Haslach et de Dirnstein, arrête sarésolution sur-le-champ. Il se décide à culbuter les troupes postéesaux avenues du pont, puis à enlever le pont, la ville et les hauteurs.Il revient, reprend des mains du maréchal Bcrnadotle sa division, quecelui-ci avait mal à propos disséminée 1 , et la dispose de la manière sui-vante. Il place en colonne sur la route le 9” léger, sur la droite le 52*(celui qui s’était rendu si fameux en Italie et que commandait toujoursle colonel Darricau), puis le 96' en arrière pour appuyer tout le mou-vement. Cela fait, il donne le signal, et, conduisant ses troupes lui-même, les lance au pas de course sur le poste d’infanterie établi à latète du pont. On essuie d’horribles décharges de mousqueterie et de
1 Nous rapportons ici l'assertion contenue dans les mémoires du général Dupont.Nous pouvons affirmer que dans ces mémoires, encore manuscrits et fort intéres-sants, le général Dupont n'est pas le détracteur du maréchal Bernadoltc. il le traiteen ami, comme tous ceux qui ont triomphé en 181», lorsque la France succombait.