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1ÉNA.

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peuples s’il n’iavait mis tant de soin à les bien gouverner. Napoléon parcourut le grand et le petit palais de Potsdam , se fit montrer lesœuvres de Frédéric, toutes chargées des notes de Voltaire , cherchadans sa bibliothèque à reconnaître de quelles lectures se nourrissait cegrand esprit, puis alla voir dans l’église de Potsdam le modeste réduitoù repose le fondateur de la Prusse. On conservait à Potsdam l’épée deFrédéric, sa ceinture, son cordon de l’Aigle Noire. Napoléon les saisiten s’écriant : >« Voilà un beau présent pour les invalides, surtout pourceux qui ont fait partie de l’armée de Hanovre ! Ils seront heureuxsans doute quand ils verront en notre pouvoir l’épée de celui qui lesvainquit à Roisbach ! » Napoléon , s’emparant avec tant de respect deces précieuses reliques, n’oiTensait assurément ni Frédéric, ni la nationprussienne. Mais combien est extraordinaire, digne de méditation,l’enchaînement mystérieux qui lie, confond, sépare ou rapproche leschoses de ce inonde ! Frédéric et Napoléon se rencontraient ici d’unemanière bien étrange ! Ce roi philosophe, qui, sans qu’il s’en doutât,s’était fait du haut du trône l’un des promoteurs de la révolution fran-çaise, couché maintenant dans son cercueil , recevait la visite dugénéral de cette révolution, devenu empereur, conquérant de Berlin et de Potsdam ! Le vainqueur de Rosbach recevait la visite du vain-queur d’Iéna ! Quel spectacle ! Malheureusement ces retours de lafortune n’étaiient pas les derniers !

Pendant que le quartier général était à Potsdam , le maréchal Davoustentrait le 23 octobre à Berlin, avec son corps d’armée. Le roi Frédé-ric-Guillaume, en se retirant, avait livré Berlin au gouvernement dela bourgeoisie, présidée par un personnage considérable, le prince deHatzfeld. Les représentants de cette bourgeoisie offrirent au maréchalDavoust les clefs de la capitale, qu i! leur rendit, en disant qu’ellesappartenaient à plus grand que lui, c’est-à-dire à Napoléon . Il laissaun seul régiment dans la ville, pour y faire la police de moitié avec lamilice bourgeoise, puis il alla s’établir à une lieue plus loin, à Friede-richsfeld, dams une forte position, la droite à la Sprée,la gauche à desbois. Par ordlrc de Napoléon , il campa militairement, son artilleriebraquée, une partie de ses soldats consignée au camp , l’autre allantvisiter alternativement la capitale conquise par leurs exploits. Il fitconstruire des baraques en paille et en sapin, pour que les troupesfussent à l’abri des rigueurs de la saison. I! n’était pas nécessaire derecommande»’ au maréchal Davoust la discipline : il ne fallait veiller