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LIVRE XXV.

avec lui qu’à la rendre moins sévère. Le maréchal Davoust promit auxmagistrats de Berlin de respecter les personnes et les propriétés, commele doivent des conquérants civilisés, à condition qu’il obtiendrait deshabitants une soumission complète et des vivres, pendant le temps fortcourt que l’armée avait à passer dans leurs murs, ce qui, pour uneville telle que Berlin , ne pouvait constituer une charge bien pesante.

Du reste, le lendemain de l’entrée des Français dans Berlin , lesboutiques étaient ouvertes. Les habitants circulaient paisiblement dansles larges rues de cette capitale, et même en plus grand nombre quede coutume. Ils semblaient tout à la fois chagrins et curieux, impres-sions naturelles chez un peuple patriote, mais vif, éclairé, frappé detout ce qui est grand, jaloux de connaître les généraux et les soldatsles plus renommés qu’il y eut alors au monde. Ils désapprouvaientd’ailleurs leur gouvernement d’avoir entrepris une guerre insensée, etcette désapprobation devait atténuer la haine qu’ils portaient à desvainqueurs provoqués. Le maréchal Lamies lut envoyé sur Potsdam et Spandau. Le maréchal Augereau traversa Berlin à la suite du ma-réchal Davoust; et Napoléon , après avoir séjourné le ia et le 26 àPotsdam, le 27 à Charloltenbourg, fixa au sou entrée à Berlin .

L’était pour la première lois qu’il lui arrivait u’culrer eu triompha-teur, comme Alexandre ou César, daus unecap.iaie conquise. 11 u étaitpas entré ainsi à Vienne, qu’il avait à peine visitée, vivant toujours àSchœnbrunu, loin des regards des Viennois. Mais aujourd'hui, soitorgueil d'avoir terrassé une armée réputée invincible, soit désir defrapper l’Europe par un spectacle éclatant, soit aussi l’ivresse de lavictoire montant à sa tète plus haut que de coutume, il choisit le i.8 aumalin pour faire dans Berlin une entrée triomphale.

Toute la population de la vide éiait sur pied, afin d’assister à cettegrande scène. Napoléon entra entouré de sa garde, et suivi par lesbeaux cuirassiers des généraux d’Hautpoul et Nansouty. La garde im-périale, richement vêtue, était ce jour-là plus imposante que jamais.En avant les grenadiers et les chasseurs a pied, en arrière les grena-diers et les chasseurs à cheval, au milieu les maréchaux Berlhier,Duroc, Davoust, Augereau, et au sein de ce groupe, isolé parle res-pect, Napoléon daus le simple costume qu’il portait aux Tuileries etsur les champs de bataille, Napoléon, objet des regards d une fouleimmense, silencieuse, saisie à la lois de tristesse et d’admiration, telut le spectacle offert dans la longue et vaste rue de Berlin, qui con-