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LIVRE XXV.
recevoir : il lui accorda audience dans sou cabinet. Elle était saisie deterreur. Napoléon, touché, la fit approcher et lui donna la lettre inter-ceptée à lire. « Eh bien ! madame, lui-dit-il, reconnaissez-vous l’écri-ture de votre mari? » La princesse, tremblante, ne savait que répondre.Mais bientôt prenant soin de la rassurer, Napoléon ajouta : « Jetez aufeu cette pièce, et la commission militaire sera dépourvue de preuvesde conviction. »
Cet acte de clémence, que Napoléon ne pouvait refuser après avoirvu la princesse de Hatzfeld, lui coûta cependant; parce qu’il entraitdans ses projets d’intimider la noblesse allemande, particulièrementles magistrats des villes, qui révélaient à l’ennemi le secret de ses opé-rations. Plus lard il connut le prince de Hatzfeld, apprécia son caractèreet son esprit, et se sut gré de ne l'avoir pas livré à la justice militaire.Heureux les gouvernements, quand il se rencontre de sages amis pourapporter un retard à leurs rigueurs ! 11 n’est pas nécessaire que ceretard soit bien long, pour qu’ils aient cessé de vouloir les actes aux-quels ils se portaient d'abord avec le plus de véhémence.
Napoléon , dans cet intervalle , u avait cesse de diriger les mouve-ments de ses lieutenants contre les débris de l’armée prussienne. Placéà Berlin avec ses principales forces, il coupait aux Prussiens la routedirecte de l’Elbe à l’Oder , et ne leur laissait pour atteindre ce dernierfleuve que des chemins longs, presque impraticables, laciies à inter-cepter. Berlin, en effet, est situe entre l’Elbe et l’Oder , à égalé distancede ces deux fleuves. Les plaines de saüle, que nous avons déjà décrites,en s’approchant de la Baltique vers le Mecklemliourg, se relèvent endunes, et présentent une suite de lacs de toute grandeur, parallèles àla mer, et auxquels on ne saurait donner de nom, tant ils sont multi-pliés. L’écoulement de ces lacs, contrarié par la chaîne des dunes, aulieu de s’opérer directement vers la mer, s’opère en dedans du pays,par un cours d’eau peu considérable, peu rapide , le Havel , qui coulevers Berlin, où il se rencontre avec la Spree , venue d’une directionopposée, c’est-à-dij e de la Lüsace, province qui sépare la Saxe de la Silé-sie. Le Havel et la Sprée, confondus près de Berlin , se répandent autourde Spandau et de Polsdam, y forment de nouveaux lacs que la main dugrand Frédéric a pris soin d’embellir, et par un mouvement à gauchese rendent à l’Elbe . Ils décrivent ainsi une ligne transversale, qui d’uncôté unit Berlin à l’Elbe , et de l’autre, continuée par le canal de Finow,oin t cette capitale à l’Oder . C’est à travers ce pays, sillonné de cours