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d’eau naturels ou artificiels, couvert de lacs, de forêts, de sables, quedevaient fuir les restes errants de l'armée prussienne.
Napoléon, établi dès le 2o octobre à Potsdam et à Berlin , était enmesure de les prévenir sur toutes les directions. Il tenait le corps deLauues à Spandau, les corps d’Augereau et de Davoust à Berlin même,enfin le corps de Bernadotle au delà de Berlin , les uns et les autresprêts à marcüer, au premier indice qu’on aurait de la direction adop-tée par renuemi. Napoléon avait lancé la cavalerie autour de Berlin ,de Potsdam, et sur les rives du Havel et de l’Elbe , pour recueillir desinformations.
Déjà Spandau s’élail rendu. Cette place, située tout près de Berlin ,au milieu des eaux de la Sprée et du Havel , forte par son site et parses ouvrages, aurait pu opposer une longue résistance. Mais tellesavaient été la présomption et l’incurie du gouvernement prussien,qu’il n’avait pas meme armé la place, quoique les magasins dont elleétait pourvue continssent un matériel considérable. Le 125 , jour del’entrée du maréchal Davoust à Berlin , Lamies se présenta sous lesmurs de Spandau , et menaça le gouverneur des plus sévères traite-ments, s’il ne consentait pas à se rendre. Les canons n’étaient pas surles murs ; la garnison, partageant l’elli oi qui avait gagné tous les coeurs,demandait à capituler. Le gouverneur était un vieux militaire auquell’àge avait été toute énergie. Lanues le vit, le terrifia par ie récit desdésastres de l’armée prussienne, et lui arracha une capitulation, envertu de laquelle la place fut immédiatement livrée aux Français , etla garnison déclarée prisonnière de guerre. Il fallait à la fois l'impré-voyance du gouvernezneut, qui avait négligé d’armer cette forteresse,et la démoralisation qui régnait partout, pour expliquer une aussiétrange capitulation.
L’empereur courut de sa personne à Spandau , et résolut d’en faireson troisième dépôt en Allemagne . Ce nouveau réduit offrait d’autantplus d’avantage , qu’il était situé à trois ou quatre lieues de Berlin ,entouré d’eau, parfaitement fortifié, et rempli d’une immense quantitéde grains. Napoléon ordonna de l’armer sur-le-champ, d’y construiredes fours, d’y amasser des munitions, d’y organiser des hôpitaux, d’ycréer enfin les mêmes établissements qu’à Wittenberg et à Erfurt . Il yenvoya immédiatement tout ce qui avait été pris à Berlin en artillerie,fusils et munitions de guerre. On avait trouvé dans cette capitale500 bouches à feu, 100,000 fusils, beaucoup de poudre et de projec-