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LIVRE XXV,
rai de Vinning, depuis que le duc de Weimar , acceptant le traitementaccordé par Napoléon à toute la maison de Saxe, avait quitté l’armée.C’étaient encore 22,000 hommes à faire prisonniers, après quoi il nedevait pas exister un seul détachement de troupes prussiennes duRhin à l’Oder. Napoléon ordonna de les poursuivre sans relâche, afinde ramasser jusqu’au dernier homme.
Lannes s’établit à Stettin , dans le but d’occuper cette place impor-tante, et de procurer à ses fantassins un repos dont ils avaient grandbesoin. Murat, lesmaréchauxBernadolteet Soult suffisaient pour ache-ver la destruction de 22,000 Prussiens exténués de fatigue. Il ne
60 caissons, autant de chariots chargés de munitions, le tout attelé de huit à dixchevaux par voiture, et 1,300 canonniers d'artillerie légère. En vérité, sire, je n’aijamais rien vu de plus beau que ces hommes. C’est un superbe parc. Je le fais partird’ici ce matin et le dirige sur Spandau . Presque tous ces canonniers sont à cheval,et marchent dans le plus grand ordre. Votre Majesté pourrait, si ellg Ig youlait,les faire conduire en Italie . Je suis sûr qu’en mettant avec eux quelques officiersqui parlassent allemand , ces gens-là serviraient parfaitement. Je désirerais queVotre Majesté vît ce convoi ; cela la déciderait à l'envoyer dans le royaume d’Italie.
Le grand-duc de Berg m'écrit qu’il compte joindre l’ennemi, c’est-à-dire le grandcorps du duc de Weimar et de Blucher. avec le prince de Ponle-Corvo, dans 11journée de demain. 11 a déjà fait quelques prisonniers de la queue de la colonne.D'après cet avis, je rappelle toute la cavalerie légère que j’avais envoyée sur Boit-zenbourg, et vais rassembler tout mon corps d’armée à Stettin .
On a trouvé dans cette place plus de 200 pièces de canon sur leurs affûts, etbeaucoup d’autres de rechange, infiniment de poudre, de munitions et de magasins.
Je jetterai toute ma cavalerie légère sur la rive droite de l’Oder . Je ferai ramassertous les blés et farines que je pourrai pour augmenter nos magasins ; je ferai fairedes fours et autant de biscuit qu’il me sera possible.
La garnison de Stettin était de 6,000 hommes ; je les fais escorter sur Spandau par un régiment de la division Gazan. 11 ne reste plus qu’un régiment à ce général.La division Suchet a fourni également beaucoup de monde pour l’escorte des pri-sonniers. de manière que mon corps d’armée est réduit à bien peu de chose.
Si Stettin offre assez de moyens pour habiller le soldat, je le ferai, car il est toutnu. On s’occupe de dresser l’inventaire de ce qui existe dans la place. J’aurai l’hon-neur de l’adresser à Votre Majesté.
En attendant, je prie YotrcMajestéimpériale de me faire connaître ses intentionsle plus tôt possible. Mon quartier général sera ce soir à Stettin .
J’ai fait lire hier la proclamation de Votre Majesté à la tête des troupes. Lesderniers mots qu’elle contient ont vivement touché le cœur des soldats. Ils se sonttous mis à crier : Vive l’empereur A’Occident ! 11 m’est impossible de dire à VotreMajesté combien ces braves gens l’aiment, et vraiment on n’a jamais été aussiamoureux de sa maîtresse qu’ils le sont de votre personne. Je prie Votre Majestéde me faire savoir si elle veut qu’à l’avenir j’adresse mes dépêches à l’empereufd’Occident , et je le demande au nom de mon corps d’armée.
Je suis avec le plus profond respect, etc.
Lahkes.