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LIVftE XXV.
néral Bluclier résolut de s’y jeter de vive force, de s’emparer desgrandes ressources quelle contenait, en vivres comme en argent, et,s’il ne pouvait pas s’y défendre, de saisir tous les bâtiments de com-merce qu’il trouverait dans ses eaux, pour embarquer ses troupes, etles transporter vers la Prusse orientale .
En conséquence, le 6 novembre, il entra violemment dans Lubeck ,malgré la protestation des magistrats. Les remparts de la ville, im-prudemment convertis en promenade publique, avaient perdu leurprincipale force. D’ailleurs la ville était si dépourvue de garnison, quele général Bluclier n’eut pas de peine à y pénétrer. Il logea scs soldatschez les habitants, où ils prirent tout ce dont ils avaient besoin, etde plus exigea des magistrats une large contribution. Lubeck , commeon sait, est situé sur la frontière du üanemarck. Uu corps de troupesdanoises gardait celte frontière. Le général Bluclier signifia au généraldanois que, s’il la laissait violer par les Français , il la violerait à sontour, pour se réfugier dans leHolslein. Le général danois ayant déclaréqu’il se ferait tuer avec son corps tout entier, plutôt que de souffrirune violation de territoire, le général Bluclier s’enferma dans Lubeck ,avec la confiance de n’ètre pas tourné par les Français , si la neutralitéduDancmarck était respectée. Mais taudis qu’il croyait jouir de quelquesûreté dans Lubeck , protégé par les restes de la fortification, et dé-dommagé par l’abondance d’une grande ville commerçante des priva-tions d’une pénible retraite, les Français parurent. La neutralité deLubeck n’existait plus pour eux, et ils avaient le droit d’y poursuivreles Prussiens. Arrivés le 7 ’, ils attaquèrent le jour même les ouvragesqui couvraient les portes appelées Burg-Tlior et Mühlen-Thor., Lecorps du maréchal Bernadotte enleva l’une, celui du maréchal Soultenleva l’autre, en escaladant sous la mitraille, et avec une audaceinouïe, des ouvrages qui, bien qu'affaiblis, présentaient encore desobstacles difficiles à vaincre. Un combat acharné s’engagea dans lesrues. Les infortunés habitants de Lubeck virent leur opulente citéconvertie en un champ de carnage. Les Prussiens, taillés en pièces ouenveloppés, furent obligés de s’enfuir, après avoir laissé plus de 1,000morts sur la place, environ fi,000 prisonniers, et toute leur artillerie.Le général Blucher sortit de Lubeck , et alla prendre position entre leterritoire à moitié inondé des environs de Lubeck , et la frontière
1 La prise de Lubeck eut lieu le 6, et le général Blucher capitula le 7 novembre.
(F. W.).