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EYLAU.

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à Vienne, où l’on croit un moment aux succès des Russes . — Une plus exacteappréciation des faits ramène la cour de Vienne à sa réserve ordinaire. — Legénéral Bcnningsen. devenu général en chef de l’armée russe, veut reprendre leshostilités en plein hiver, et marche sur les cantonnements de l’armée françaiseen suivant le littoral delà Baltique. —Il est découvert parle maréchal Nfy, quidonne l’éveil à tous les corps. — Beau combat du maréchal Bernadotte àMohrungen. — Savante combinaison de Napoléon pour jeter les Russes à la mer.— Cette combinaison est révélée à l’ennemi par la faute d’un officier qui se laisseenlever ses dépêches. — Les Russes se retirent à tçmps. — Napoléon les poursuità outrance. — Combats de Waltersdorf et de Hoff. — Les Russes, ne pouvantfuir plus longtemps, s’arrêtent à Eylau, résolus à livrer bataille. — L’arméefrançaise, mourant de faim et réduite d'un tiers par les marches, aborde l’arméerusse, et lui livre à Eylau une bataille sanglante. — Sang-froid et énergie deNapoléon. — Conduite héroïque de la cavalerie française. — L’armée russe seretire presque détruite : mais l’armée française, de son côté, a essuyé des pertescruelles. — Le corps d’Augereau est si maltraité qu’il faut le dissoudre. — Na-poléon poursuit les Russes jusqu’à Koenigsberg , et, quand il s’est assuré de leurretraite au delà de la Pregel, reprend sa position sur la Vislule. — Changementapporté à l’emplacement de ses quartiers. — Il quitte la haute Vistule pour s’é-tablir en avant de la basse Vistule , et derrière la Passarge, afin de mieux couvrirle siège de Dantzig . — Redoublement de soins pour le ravitaillement de sesquartiers d’hiver. — Napoléon , établi à Ostcrode dans une espèce de grange,emploie son hiver à nourrir son armée, à la recruter, à administrer l’empire età contenir l’Europe . — Tranquillité d’esprit et incroyable variété des occupationsde Napoléon à Osterode et à Finkenstein.

Napoléon avait en un mois renversé la monarchie prussienne, dé-truit ses armées, conquis la plus grande partie de son territoire. Ilrestait au roi Frédéric-Guillaume une province et 23,000 hommes. Ala vérité les Russes, appelés avec instance par la cour de Berlin , quiétait réfugiée à Koenigsberg , accouraient aussi vite que le permettaientl’éloignement, la saison et l’impéritie d’une administration à demibarbare. Mais on avait vu les Russes à Austerlitz, et malgré leur bra-voure, on ne pouvait pas attendre d’eux qu’ils changeassent le destinde la guerre. Les cabinets et les aristocraties de l’Europe étaient plon-gés dans une profonde consternation. Les peuples vaincus, partagésentre le patriotisme et l’admiration, ne pouvaient s’empêcher de recon-naître dans Napoléon l’enfant de la révolution française, le propaga-teur de ses idées, l’applicateur glorieux de la plus populaire de toutes,l’égalité. Ils voyaient un,éclatant exemple de cette égalité chez nosgénéraux, qu’on ne désignait plus sous les noms, autrefois si connus,de Berthier, de Murat, de Bernadotte , mais sous les titres de princede Neuchâtel , de grand-duc de Berg, de prince de Ponte-Corvo!Cherchant à expliquer les triomphes inouïs que nous venions de rem-porter sur l’armée prussienne, ils les attribuaient non-seulement ànotre courage, à notre expérience de la guerre, mais aux principes surlesquels reposait la nouvelle société française. Ils expliquaient l’ardeur