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LIVRE XXVI
Excité par le succès, poussé par son génie et par la fortune à unegrandeur de pensées à laquelle aucun chef d’empire ou d’armée n’étaitencore parvenu, il n’hésita pas un instant sur le parti à prendre , et ildisposa tout pour s’avancer en Pologne . Il avait bien, en passant leRhin , fait entrer dans ses desseins l’idée d’une audacieuse marche aunord, mais vaguement. C’est à Berlin , et après les succès si rapides etsi éclatants obtenus sur la Prusse , qu’il en forma le projet sérieux.
Cependant, à tout ceci il y avait, outre les périls inhérents à l’entre-prise elle-même, un danger particulier que Napoléon ne se dissimulaitpas. c’était l’impression qu’en éprouverait l’Autriche , laquelle, bienque vaincue , et vaincue jusqu’à l’épuisement, pouvait néanmoins êtretentée de saisir l’occasion pour se jeter sur nos derrières.
La conduite actuelle de cette cour était de nature à inspirer plugd ? unc crainte. Aux offres d’alliance que Napoléon lui avait fait parveniràlasuite deses entretiens avec le duc de Wurtzbourg , elle avait répondupar des démonstrations affectées de bienveillance, feignant d’abord dene pas comprendre les ouvertures de notre ambassadeur, et quand ons’était expliqué d’une manière plus claire, alléguant qu un rapproche-ment trop étroit avec la France entraînerait de sa part une ruptureavec la Russie et la Prusse , et qu’au lendemain d’une longue, lutte,recommencée trois fois depuis quinze ans, elle n’était plus capable defaire la guerre, ni pour ni contre aucune puissance.
A ces paroles évasives elle venait d’ajouter des actes plus significatifs.Elle avait réuni 60,000 hommes en Bohême , lesquels, placés d’abordle long de la Bavière et de la Saxe , se transportaient actuellement verslat Gallicie , suivant en quelque sorte derrière leurs lrontières lemouvement des armées belligérantes. Indépendamment de ces60,000 hommes, elle avait dirigé de nouvelles troupes vers la Pologne ,et elle apportait une extrême aetivitéà former des magasins en Bohèmeet-en Gallicie . Quand on la questionnait sur ces armements, elle répon-dait par des raisons banales, tirées de sa sûreté personnelle, disantqu’exposée de toutes, parts au contact d’armées ennemies qui se faisaientla guerre, elle ne devait permettre à aucune de violer son territoire,et que les mesures dont on lui demandait compte, n’étaient que desmesures de pure précaution.
Napoléon ne-pouvait être dupe d’un langage aussi peu sincère. Lebesoin d’une, alliance, depuis qu'il avait perdu celle de la Prusse, avaituq mo me nt tourné son e?pi;it vers la cpui; dje Vienne; mais,il lui était