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EYLAD.

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maintenant facile de reconnaître que la puissance à laquelle nousvenions d’enlever eu quinze ans les Pays-Bas, la Souabe , le Milanais,les États vénitiens, la Toscane , le Tyrol, la Dalmatie et enfin la cou-ronne germanique, ne saurait être qu’une ennemie irréconciliable,dissimulant par politique ses profonds ressentiments, mais prête à lesfaire éclater à la première occasion. II apercevait très-bien que lescraintes de l’Autriche étaient feintes, car aucune des parties belligé-rantes n’avait intérêt à la provoquer par une violation de territoire, etil savait que, si elle armait, ce ne pouvait être que dans l’intentionperfide de tomber sur les derrières de l’armée française. N’attachantpas plus d’importance qu’il ne fallait à la parole d’homme et de sou-verain par laquelle François II s’était engagé, au bivac d’Urchitz, à neplus faire la guerre à la France , il pensait néanmoins que le souvenirde cette parole solennellement donnée devait embarrafser ce prince,qu’il lui faudrait pour y manquer un prétexte très-spécieux, et il avaitformé deux résolutions très-mûrement réfléchies, la première de nedonner à l’Autriche aucun prétexte d’intervenir dans la guerre actuelle,la seconde de prendre ses précautions comme si elle devait y intervenircertainement, et de les prendre d’une manière ostensible. Son langagefut conforme à ses résolutions. Il se plaignit d’abord avec une entièrefranchise des armements faits en Bohème et en Gallicie , et de façon àprouver qu’il en comprenait le but. Puis avec la même franchise ilannonça les précautions qu’il se croyait obligé de prendre, et quiétaient de nature à décourager le cabinet de Vienne . Il affirma de nou-veau qu’il ne provoquerait pas la guerre, mais qu’il la ferait prompteet terrible, si on avait l’imprudence de la recommencer. Il déclaraque, ne voulant donner aucun prétexte à une rupture, il ne se prête-rait en rien au soulèvement des parties de la Pologne possédées parl’Autriche ; que le soulèvement de la Pologne prussienne et russe étaitun acte d'hostilité imputable exclusivement à ceux qui avaient voulu laguerre ; qu’il ne se dissimulait pas la difficulté de contenir les Polonaisdépendants de l'Autriche, quand les Polonais dépendants de la Russie et de la Prusse s’agiteraient; mais que si à Vienne on pensait à cetégard comme lui, et si, comme lui, on était convaincu de l’énormefaute qu’on avait commise dans le dernier siècle, en détruisant unemonarchie qui était le boulevard de l’Occident , il offrait un moyenbien simple de réparer cette faute, en reconstituant la Pologne , et enoffrant d’avance à la maison d’Autriche un riche dédommagement pour