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LIVRE XXVI.

pierre. Mais toute saison intermédiaire est mortelle aux combinaisonsmilitaires, surtout aux plus habiles, qui dépendent, comme on sait, dela rapidité des mouvements.

Ces caractères physiques ne se montrent réunis qu’en approchantde la Vistule, et surtout plus loin entre la Vistule et le Niémen . Ilscommencent toutefois à se faire voir après l'Oder . Un phénomèneparticulier à ces vastes plaines, que nous avons déjà signalé, et qui seretrouve ici, c’est que les sables, relevés en dunes le long de la mer,rejettent les eaux vers l’intérieur du pays, où elles forment des lacsnombreux, se déchargent en petites rivières, puis se réunissent en plu?grandes, jusqu’à ce qu’elles s’accumulent, et deviennent de vastesfleuves, comme l’Elbe, l’Oder, la Vistule , capables de s’ouvrir uneissue à travers la barrière des sables. Dans le Brandebourg et le Meck-lembourg, c’est-à-dire entre l’Elbe et l’Oder , pays qui avait été lethéâtre dé la poursuite des Prussiens par notre armée, on a déjà puremarquer ces particularités de la nature. Elles deviennent plus frap-pantes entre l’Oder et la Vistule . Les sables se relèvent, retiennent leseaux, qui, par la Netze et la Warta , vont chercher leur écoulementvers l’Oder. La Netze vient de gauche, la Warta de droite, pour quimarche de Berlin à Varsovie ; et, après avoir circulé l’une et l’autreentre la Vistule et l’Oder , elles se réunissent en un seul lit, pour sejeter ensemble dans l’Oder , vers Guslrin. Le pays le long de la merforme ce qu’on appelle la Poméranie prussienne. 11 est allemand parles habitants et par l’esprit. L’intérieur, qu’arrosent la Netze et laWarta , est marécageux, argileux, assez cultivé, et slave par la raced’hommes qui l’habite. C’est la Posnanie, ou grand-duché de Posen ,dont Posen est la capitale, ville d’une certaine importance, située surla Warta elle-même.

Cette province était celle où l’esprit polonais éclatait avec le plusd’ardeur. Les Polonais devenus Prussiens semblaient supporter plusimpatiemment que les autres le joug étranger. D’abord la race allemandeet la race slave, se rencontrant sur cette frontière de la Poméranie etdu duché de Posen , avaient l’une pour l’autre une aversion instinctive,naturellement plus vive sur la limite où elles se touchaient. Indépen-damment de cette aversion, suite ordinaire du voisinage, les Polonais n’oubliaient pas que les Prussiens avaient été sous le grand Frédéricles premiers auteurs du partage de la Pologne , que depuis ils avaientagi avec une noire perfidie, et achevé la ruine de leur patrie après en