Band 
[7. - 8.]
Seite
174
JPEG-Download
 

174

LIVRE XXVI.

Posen, plus enthousiastes que ceux même de Varsovie , promirent avecun entier abandon tout ce qu’on semblait désirer d’eux. Nobles, prêtres,peuple, souhaitaient avec ardeur qu’on les délivrât du joug allemand,antipathique à leur religion, à leurs mœurs, à leur race ; et, à ce prix,il n’était rien qu’ils ne fussent prêts à faire. Le maréchal Davoustn’avait encore que trois mille fusils à leur donner : ils se les distri-buèrent sur-le-champ, demandant à en avoir des milliers, et affirmantque, quel qu’eu fût le nombre, ou trouverait des bras pour les porter.Le peuple forma des bataillons d’infanterie, les nobles et leurs vassauxdes escadrons de cavalerie. Dans toutes les villes situées entre la hauteWarta et le haut Oder , la population, à l’approche des troupes duprince Jérôme, chassa les autorités prussiennes, et ne leur fit grâce dela vie que parce que les troupes françaises empêchèrent partout les vio-lences et les excès. De Glogau à Kaliscli, route du prince Jérôme,l’insurrection fut générale.

On établit à Posen une autorité provisoire, avec laquelle on convintdes mesures nécessaires pour nourrir l’année française à son passage.Il ne pouvait être question d’imposer à la Pologne des contributions deguerre. Il était entendu qu’on la tiendrait quitte des charges imposéesaux pays conquis, à condition toutefois que ses bras se joindraient auxnôtres, et quelle nous céderait une partie des grains dont elle était siabondamment pourvue. La nouvelle autorité polonaise se concerta avecle maréchal Davoust pour construire des fours, réunir des blés, desfourrages, du bétail. Le zèle du pays, quelques fonds saisis dans les.caisses prussiennes, suffirent à ces premiers préparatifs. Tout fut ainsidisposé pour recevoir le gros de l’armée française, et surtout son chef,qu’on attendait avec une vive curiosité et d’ardentes espérances.

A peu près en même temps, le maréchal Augereau avait cheminésur la lisière qui sépare la Posnanie de la Poméranie, laissant la Warta à droite, et se portant à gauche le long de la Netze. Il passa parLandsberg, Driesen, Schneidmühl, à travers un pays triste, pauvre,médiocrement peuplé, qui. ne pouvait donner des signes de vie fortexpressifs. Le maréchal Augereau ne rencontra rien qui pût exalterson imagination, eut beaucoup de peine à marcher, et aurait eu en-core plus de peine à vivre, sans un convoi de caissons qui transportait. 1epain de ses troupes. Aux environs de Nackel, les eaux cessent de coulervers l’Oder , et commencent à couler vers la Vistulc. Un canal, joi-gnant la Netze avec la Vistule , part de Nackel, et aboutit à ; la ville, de