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ETLAU.

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Napoléon envoya le maréchal Ney de Posen à Thorn, pour qu’iltâchât de s’emparer de cette dernière place, et d’y surprendre lepassage de la Vistule . Il prescrivit au maréchal Augereau de continuerson mouvement par la droite, en longeant la Vistule de Thorn àVarsovie . 11 ordonna au maréchal Lannes, qui avait déjà exécuté cemême mouvement, d’entrer à Varsovie , d’y remplacer le maréchalDavoust, dès que celui-ci aurait rétabli les ponts de la Vistule , quiunissent la ville de Varsovie avee le faubourg de Praga. En ordonnantaux maréchaux Ney et Davoust de franchir le plus tôt possible laVistule sur les deux points de Thorn et de Varsovie , il leur recom-manda de s’en assurer le passage d’une manière permanente, en con-struisant de fortes têtes de pont. Il ajourna ses mouvements ultérieursjusqu’au moment où ces deux bases d’opération seraient solidementétablies, et en attendant il s’occupa de faire avancer, sans hâte et sansfatigue, les corps des maréchaux Soult et Bernadotte , afin d’entrer enligne à la tète de toutes scs forces réunies.

Dans cet intervalle, Murat avec la réserve de cavalerie, le maréchalDavoust avec son corps d’armée, s’étaient installés à Varsovie , etcherchaient à y exécuter les ordres de l’empereur. Les Russes avaientemployé le tem ps de leur séjour dans cette ville à emporter les vivresOu à les détruine, à couler à fond toutes les barques, à ne laisser enfinni moyen de subsistance, ni moyen de passage. Grâce au zèle desPolonais, on suppléa en grande partie à tout ce qui manquait. D’aprèsl’autorisation de Napoléon , qui ne ménageait pas l’argent dont il étaitpourvu, on conclut des marchés avec les commerçants juifs, qui semontraient fort adroits, fort habiles à tirer de ces vastes contrées lesgrains dont elles abondaient. Un cordon autrichien, répandu le longde la Gallicie , empêchait l’exportation des denrées alimentaires. Maison chargea les juifs d’écarter la difficulté, en soudoyant richement lesdouaniers autrichiens, et moyennant l’argent qu’on leur donna ,moyennant l’abandon qu’on leur fit de tous les sels trouvés dans lesmagasins prussiens, ils promirent de faire couler par la Pilica dans laVistule, par la Vistule dans Varsovie , les blés et les avoines , d’yamener en outre une quantité considérable de viande sur pied.

On songea ensuite au passage du grand fleuve, qui coupait en deuxla capitale. Le temps, alternativement pluvieux ou froid, restait incer-tain, ce qui était la pire des conditions atmosphériques dans un telpays \ car la Vistule sans être gelée, charriant d’énormes glaçons, ne