EYLAU,
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Informé de la situation des Prussiens et des Russes , les premiersétablis le long de la mer, les seconds accumulés dans la région inté-rieure, les uns et les autres faiblement liés entre eux vers Thorn, Napo-léon résolut de leur opposer la manœuvre imaginée pour ce cas, c’est-à-dire de déboucher de Thorn avec sa gauche renforcée, de séparer lesPrussiens des Russes, et de jeter ceux-ci dans les inextricables diffi-cultés de l’intérieur. Il avait déjà dirigé le maréchal Ney sur Thorn;il y achemina encore le maréchal Bernadette avec le premier corps, etla division Dupont. Il porta le corps du maréchal Soult intermédiai-rcment, par Sempolno sur Plock, lui prescrivit de passer la Vistule entre Varsovie et Thorn, et lui recommanda de se lier, par sa gaucheavec les maréchaux Ney et Bcrnadotte, par sa droite avec le maréchalAugereau. Les dragons montés à Potsdam ayant rejoint l’armée, Napo-léon les réunit à la portion de la grosse cavalerie qui s’était reposée àBerlin , et en composa une seconde réserve de troupes à cheval, qu’ilconiia au maréchal Bessières, enlevé pour un instant au commandementde la garde impériale. Il envoya cette seconde réserve à Thorn. C’étaitun rassemblement de 7,000 à 8,000 chevaux, lequel, joint aux corpsdes maréchaux Ney et Bernadotte , devait composer à l’extrême gauchede l’armée française une colonne de 40,000 à 43,000 hommes, biensullisante pour opérer le mouvement de conversion projeté. Le maré-chal Soult, à la tête de 25,000 hommes, formait le centre; les maré-chaux Augereau , Davoust, Lannes, formaient la droite , destinée às’appuyer sur Varsovie . Tous ces corps étaient assez rapprochés pourcoopérer les uns avec les autres, et présenter, en quelques heures,70,000 hommes rassemblés sur le point, quel qu’il fût, où l’on ren-contrerait l’ennemi en force. Napoléon supposait donc que, sa gauches’avançant à marches rapides tandis que sa droite pivoterait lentement,il pourrait ramasser les Russes chemin faisant, et, après les avoir sépa-rés des Prussiens, les refouler de l’Ukra sur la Narew, de la Narew surle Bug, loin de la mer, perdus dans l’intérieur de la Pologne . Si letemps, favorisant de tels projets, rendait les marches faciles, il étaitpossible que les Russes fussent repoussés si loin de leur base d’opéra-tion et du pays où ils vivaient, que leur déroute devînt un véritabledésastre.
Voulant pivoter sur Varsovie , mais voulant aussi pouvoir s’en éloi-gner au besoin, s’il était obligé de suivre le mouvement de sa gaucheet de s’élever avec elle, Napoléon fit exécuter de grands travaux au