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ehal Lannes y était campé avec ses deux divisions. Le maréchal Davoustétait campé au delà, c’est-à-dire au bord de la Narew , qui tombe dansla Vistule un peu au-dessous de Varsovie. Il y avait de Varsovie à laNarew environ huit lieues, beaucoup de landes, peu de cultures etd’habitations. Les soldats du corps de Davoust, réduits à manger duporc, à défaut de bœuf ou de mouton, étaient atteints de dyssenterie.Ils n’avaient de pain que celui qu’on leur envoyait chaque jour. Lemaréchal Davoust avait son quartier général à Jablona , et sa tète decolonne au bord même de la Narew , vers Okunin, vis-à-vis du confluentde l’Ukract de la Narew . Le maréchal Davoust, malgré les avant-gardesrusses, avait passé la Narew , jeté un pont sur cette rivière, à l’aide dequelques barques qu’on avait recueillies, et faisait travailler à des ou-vrages défensifs aux deux extrémités de ce pont. Il pouvajt doncmanœuvrer sur l’une et l’autre rive de la Narew . Cependant il l’avaitfranchie au-dessous du point où l'Ukra se réunit à elle, et il lui restaità la franchir plus haut, ou à franchir l’Ukra elle-même, pour pénétrerdans l’angle occupé par les Russes . Mais ils y étaient nombreux, etsolidement retranchés sur un terrain élevé , boisé , armé d’artillerie.On ne pouvait aller les attaquer qu’en passant l’Ukra de vive force. Letenter c’était engager là lutte que l’on ne devait entreprendre que sousles yeux de Napoléon.
Les travailleurs du maréchal Davoust donnaient presque la main àceux du maréchal Augereau, qui s’occupait activement de son établis-sement sur la Vistule, vers Modlin, au point où la Vistule et la Narew se confondent. Mais il était privé des moyens nécessaires, les Russes ayant tout détruit en se retirant. Douze barques, ramassées au-dessuset au-dessous de Modlin , lui avaient servi à passer le fleuve, un déta-chement après l’autre. Il travaillait à construire un vaste pont à Modlin ,avec ouvrages défensifs sur les deux rives. Ses troupes, au milieu dessables qui régnent dans cette partie du pays, vivaient encore plus malque; celles du maréchal Davoust. Il avaif hâte de se porter à Plonsk, audelà de la Vistule , vis-à-vis de l’Ukra, dans une contrée plus fertile.Le maréchal Soult avait exécuté les marches ordonnées par l’empereur,et avait commencé à passer à Plock , d’où il était en mesure, ou der ejoindre le maréchal Augereau à Plonsk, ou de rejoindre les maréchauxNey et Bernadette à Biezun, suivant les circonstances. Quant auxcorps qui avaient Thorn pour base d’opération, ceux-là ne manquaientde rien.