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LIVRE XXVI.
le 26 à Pultusk . Les restes des divisions Gallitzin et Saken, réfugiés àGolymin, avaient rencontré l’une des divisions de Buxhoewden , ladivision Doctorow, laquelle s’était portée en avant, et avait ainsidonné lieu au bruit d’un rassemblement de troupes sur les derrièresde l’armée russe. Enfin les Prussiens , en fuite devant les maréchauxNey, Bernadotte et Bessières, avaient abandonné l’Ukra, et se retiraientpar Soldau sur Mlawa , cherchant toujours dans leur retraite à se lieraux Russes .
Le 26 au matin, Lannes arriva en vue de Pultusk . Il y découvritune masse de forces bien supérieure à celle dont il pouvait disposer.Les quatre divisions russes , quoique deux fussent incomplètes, necomptaient pas moins de 45,000 hommes '. Lannes, avec les dragonsdu général Becker, n’en possédait guère que 17,000 ou 18,000. Ilen arrivait sur sa gauche 5,000 à 6,000, avec la division Gudin. MaisLannes n’en était que très-confusément averti, et dans l’état desroutes, ce renfort, bien qu’à une distance peu considérable de Pultusk ,ne pouvait parvenir que fort tard sur le champ de bataille. Lannesn’était pas homme à s’intimider. Ni lui, ni ses soldats ne craignaientd’affronter les Russes , quel que fût leur nombre, quelque éprouvéeque fut leur bravoure. Lannes rangea sa petite armée en bataille ,ayant-soin d’envoyer un avis au maréchal Davoust, pour l’informerde la rencontre imprévue qu’il venait de faire à Pultusk , et qui l’expo-sait à une situation des plus critiques.
Une vaste forêt couvrait les environs de Pultusk . En sortant decette forêt, on trouvait un terrain découvert parsemé çà et là dequelques bouquets de bois, détrempé par les pluies comme tout lereste du pays, s’élevant peu à peu en forme de plateau, et puis seterminant tout à coup en petite brusque sur Pultusk et la Narew . Legénéral Benningsen avait rangé son armée sur ce terrain, ayant le dostourné à la ville, l’une de ses ailes appuyée à la rivière et au pont quila traverse, l’autre à un bouquet de bois. Une forte réserve servaitde soutien à son centre. Sa cavalerie était placée dans les intervallesde sa ligne de bataille, et un peu en avant. Quoiqu’ils eussent perduune partie de leur artillerie, les Russes en menaient avec eux une sigrande quantité, depuis la campagne d’Austerlitz, qu’il leur en restait
Le narrateur Plotho, officier de l'armée russe et témoin oculaire, avoue lui-même le chiffre de 43 ; 000 hommes.