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suffisamment pour couvrir leur front d’une ligne de bouches à feu, etrendre l’accès de ce front extrêmement redoutable.

Lannes n’avait à leur opposer que quelques pièces d’un faible calibre,qu’on avait traînées à travers les boues avec de grands efforts, et enleur appliquant tous les attelages de l’artillerie. Il disposa la divisionSuchet en première ligne, et garda la division Gazan en réserve surla lisière de la forêt pour avoir de quoi faire face aux événements,qui menaçaient de devenir graves, dans l’incertitude où tout le mondeétait plongé. Peu d’hommes bien conduits pouvaient suffire pourenlever cette position, et avaient l’avantage de présenter moins deprise à la formidable artillerie des Russes . Lannes déboucha donc de laforêt avec la seule division Suchet, formée en trois colonnes, une àdroite, sous le général Claparède, composée du 17° léger et de la cava-lerie légère du général Trcilhard, une au centre sous le général Vedel,composée du 64 e de ligne et du premier bataillon du 88', une àgauche, sous le général Reille, composée du second bataillon du 88 e ,du 54' de ligne et des dragons du général Becker. Le projet de Lannesétait d’attaquer par sa droite et vers la Narew , car s’il parvenait àpercer jusqu’à la ville, il faisait tomber d’un coup la position desRusses , et les plaçait même dans une situation désastreuse.

Il porta ses trois petites colonnes en avant, sortant audacieusementdes bois, et gravissant le plateau sous une pluie de mitraille. Malheu-reusement le sol détrempé et glissant ne permettait guère l’impétuositéd’attaque, qui aurait pu racheter le désavantage du nombre et de laposition. Néanmoins, tout en avançant avec peine, on joignit l’ennemi,et on le repoussa vers les pentes abruptes qui terminaient le terrainen une espèce de chute du côté de la Narew et de Pullusk. On mar-chait avec ardeur, et On allait précipiter du plateau dans la rivière lestroupes russes du général Bagowout, lorsque le général en chef Ben-uingsen, envoyant en toute hâte une partie de sa réserve au secoursdu général Bagowout, fit aborder en flanc la brigade Claparède, quiformait la tête de notre attaque. Lannes, qui était au plus fort de lamêlée, répondit à cette manœuvre en reportant de son centre vers sadroite la brigade Vedel, composée, comme nous venons de le dire, du64' et du premier bataillon du 88‘. Il prit lui-même en flanc lesRusses venus au secours du général Bagowout, et, les poussant les unssur les autres vers la Narew , il aurait terminé la lutte sur ce point,et peut être la bataille , si, au milieu d’une bourrasque de neige, le

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