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EYLAU.

an

Mais il était impossible de faire un pas, sans tomber dans desembarras inextricables. Des hommes restaient ensevelis jusqu’à laceinture dans ces boues aifreuses, et n’en sortaient que lorsqu’onvenait les en arracher. Beaucoup y avaient expiré faute d’être se-courus.

Napoléon, dont les plans n’avaient jamais été mieux conçus, dontles soldats n’avaient jamais été plus braves, fut obligé de s’arrêter,après avoir encore fait deux ou trois marches en avant, pour biens’assurer de la déroute des Busses, et de leur fuite vers la Prégel. Unegrande perle en hommes et en canons causée à l’ennemi, des quartiersd hiver assurés au centre de la Pologne , terminaient dignement cettecampagne extraordinaire, commencée sur le Bhiu, finie sur la Vistule .L’étal du ciel et du sol expliquait assez pourquoi les résultats obtenusdans ces derniers jours n’avaient eu ni la grandeur, ni la soudainetéauxquelles Napoléon ava ; t habitué le monde. Sans doute les Russes ,surpris de n’avoir pas succombé aussi vite que les Prussiens à léna, lesAutrichiens à Ulm, et eux-mèmes à Austerlitz, allaient s’enorgueillird’une défaite moins prompte que de coutume, et débiter des fables surleurs prétendus succès : il fallait bien s’y résigner. Us n’eussent pasété plus heureux cette fois qu’à Austerlitz, si comme à Austerlitz onavait trouvé des lacs gelés au lieu de boues impraticables. Mais lasaison, tout à fait inaccoutumée , qui au lieu d’un sol glacé donnaitun sol fangeux, les avait sauvés d’un désastre. C’était un caprice dela fortune, qui avait trop favorisé Napoléon jusqu’ici, pour qu’il ne luipardonnât pas celte légère inconstance. Seulement il aurait fallu qu’ily pensât, et qu’il apprit à la connaître. Au surplus ses soldats campéssur la Vistule, ses aigles plantées dans Varsovie , étaient un spectacleassez extraordinaire pour qu’il fût satisfait, pour que l’Europe restâtpaisible, l’Autriche effrayée et contenue, la France confiante.

Il séjourna deux ou trois jours à Gelymin, dans l’intention d’y pro-curer à son armée un peu de repos, et le 1" janvier 1807 il revint àVarsovie , afin d’y arrêter l’établissement de ses quartiers d’hiver.

Si on veut bien apprécier l’emplacement dont il lit choix pour can-tonner ses troupes, il faut se retracer la forme des lieux au delà de UVistule. Cette suite de lacs, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois,et qui séparent ici la vieille Prusse de la Pologne, le pays allemand dupays slave, la région maritime et riche de la région intérieure et pauvre,versent ia pl us grande partie de leurs eaux eu dedans du pays , par