EYLAÜ.
215
Davoust à Pultusk , celui du maréchal Soult à Golymin, celui du maré-chal Augereau à Plonsk, celui du maréchal Ney à Mlawa , celui dumaréchal Bernadottc entre Graudenz et Elbing vers Osterode, les quatrepremiers chargés de défendre Varsovie , le cinquième chargé de lier lesquartiers de la Narcw à ceux du littoral, le dernier chargé de protégerla basse Vistule et le siège de Dantzig .
A cette habile disposition des cantonnements se joignirent des pré-cautions d’une admirable prévoyance. Les soldats n’ayant cessé debivaquer depuis le commencement de la campagne, c’est-à-dire depuisle mois d’octobre précédent, devaient enfin se loger dans les villages,et y vivre, mais de manière à pouvoir toujours se trouver réunis aupremier péril. La cavalerie légère, la cavalerie de ligne, la grosse ca-valerie, rangées les unes derrière les autres, et appuyées de quelquesdétachements d’infanterie légère, formaient un rideau en avant descantonnements, pour écarter les cosaques, et empêcher les surprises,au moyen de reconnaissances fréquentes. Les troupes vouées à ce ser-vice fort dur, surtout en hiver, étaient abritées sous des cabanes dontle bois, si abondant en Pologne , fournissait les matériaux.
Ordre était donné de fouiller les campagnes, pour y découvrir lesblés, les pommes de terre, cachés sous terre par les habitants en fuite;de réunir les bestiaux dispersés, et de créer avec ce qu’on recueilleraitdes magasins, lesquels établis auprès de chaque corps, et régulièrementadministrés, seraient ainsi garantis de tout gaspillage. Les corps quin’étaient pas avantageusement placés, sous le rapport des ressourcesalimentaires, devaient recevoir de Varsovie des suppléments en grains,fourrages et viandes. Ce qu’on avait à leur envoyer, embarqué sur laVistule , devait descendre le fleuve jusqu’au point le plus rapproché dechaque corps, y être débarqué ensuite, et transporté par les équipagesde l’armée, ou par des charrois organisés dans le pays. Napoléon avaitordonné de solder en argent tous les services, soit à cause des Polo-nais , qu’il voulait ménager, soit à cause des habitants, qu’il espéraitramener par l’attrait du gain.
Il faut remarquer que chaque corps, tout en étant cantonné de ma-nière à pouvoir se porter rapidement au lieu du danger, avait une basesur la Vistule ou sur la Narew , afin d’utiliser les transports par eau.Ainsi le maréchal Lannes avait à Varsovie, le maréchal Davoust à Pul-tusk, le maréchal Augereau à Wyszogrod , le maréchal Soult à Plock,le maréchal Ney à Thorn, le maréchal Bernadette à Marienbourg et à