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LIVRE XXVI.

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quelque sorte une cure ambulante, à la suite de l’armée.

Tels étaient les soins infinis auxquels se livrait ce grand capitaine,que la haine des partis a représenté, le jour de sa chute, comme unconquérant barbare, poussant les hommes à la boucherie, sans s’in-quiéter de les nourrir quand il les avait fait marcher, de les guérirquand il les avait fait mutiler, et ne se souciant pas plus d’eux quedes animaux qui traînaient ses canons et ses bagages !

Après s’ètre occupé des hommes avec un zèle, qui n’en est pasmoins noble pour être intéressé, car il ne manque pas de généraux,de souverains, qui laissent mourir de misère les soldats instrumentsde leur puissance et de leur gloire, Napoléon donna son attention auxouvrages entrepris sur la Vistule , et à l’exacte arrivée de ses renforts,de manière qu’au printemps son armée put se présenter à l’ennemiplus formidable que jamais. Il avait ordonné, comme on l'a vu, desouvrages à Praga, voulant que Varsovie put se soutenir seule, avec unesimple garnison, dans le cas où il se porterait en avant. Après avoirtout examiné de ses yeux, il résolut la construction de huit redoutes,fermées à la gorge, avec escarpe et contrescarpe revêtus en bois (genrede revêtement dont le siège de'Dantzig fit bientôt apprécier la valeur),et enveloppant dans leur ensemble le vaste faubourg de Praga. Ilvoulut y ajouter un ouvrage qui, placé en arrière de ces huit redoutes,et en avant du pont de bateaux qui liait Varsovie avec Praga, servit àla fois de réduit à cette espèce de place forte et de tète de pont aupont de Varsovie . Il commanda à Okunin, où étaient jetés les pontssur la Narew et sur l’Ukra, un ensemble d’ouvrages pour les couvrir,et en garantir la possession exclusive à l’armée française. Même chosefut prescrite au pont de Modlin , qu’on avait jeté au confluent de laVistule et de laNarew, en se servant d’une île pour y asseoir les moyensde passage, et pour y construire un ouvrage défensif de la plus grandeforce. Ainsi, entre les trois pointsde Varsovie , d’Okunin, et de Modlin,où venaient se croiser tant et de si vastes cours d’eau, Napoléon s’as-sura tous les passages à lui-même, et les interdit tous aux Russes , demanière que ces grands obstacles naturels, convertis en facilités pourlui, en difficultés insurmontables pour l’ennemi, devinssent dans se*mains de puissants moyens de manoeuvre, et pussent surtout êtrelivrés à eux-mêmes, si le besoin de la guerre obligeait à s’élever aunord plus qu’on ne l’avait fait encore. Napoléon compléta ce systèmepar un ouvrage du même genre à Sierock, au confluent de la Narew et