Band 
[7. - 8.]
Seite
220
JPEG-Download
 

220

LIVRE XXVI.

vaient à sa gauche, mais celles aussi du haut Oder , qui se trouvaientà sa droite. Son frère Jérôme, secondé du général Vandamme, devait,comme on l’a vu, achever la soumission de la Silésie , par l’acquisitionsuccessive des forteresses de l’Oder . Ces forteresses, construites avecsoin par le grand Frédéric, pour rendre définitive la précieuse conquêtequi avait fait la gloire de son règne, présentaient de graves difficultésà surmonter, non-seulement par la grandeur et la beauté des ouvrages,mais par les garnisons qui étaient chargées de les défendre. La reddi-tion de Magdcbourg, de Custrin, de Stettin , avait couvert de honte lescommandants qui les avait livrées, sous l’empire d’une démoralisationgénérale. Bientôt il s’était produit une réaction dans l’armée prus-sienne, d’abord si profondément découragée après Iéna . L’honneurindigné avait parlé au cœur de tous les militaires, et ils étaient déter-minés à mourir honorablement, même sans aucuii espoir de vaincre.Le roi avait menacé de châtiments terribles les commandants qui ren-draient les places confiées à leur garde, avant d’avoir fait tout ce quiconstitue, d’après les règles de l’art, une défense honorable. Au sur-plus on commençait à comprendre que les villes fortes restées à la gaucheet à la droite de Napoléon allaient acquérir une véritable importance,car elles étaient autant de points d’appui qui manquaient à sa marcheaudacieuse , et qui devaient seconder la résistance de ses ennemis. Larésolution de les défendre énergiquement était donc bien arrêtée cheztous les commandants des garnisons prussiennes.

Le prince Jérôme n’avait auprès de lui que des Wurtembourgcois etdes Bavarois, et avec ces troupes auxiliaires un seul régiment français ,le 15 e de ligne, plus quelques escadrons français de cavalerie légère.Ces auxiliaires allemands n’avaient pas encore acquis la valeur militaireqirils montrèrent depuis en plus d’une occasion. Mais le général Van-damme , commandant le neuvième corps sous le prince Jérôme, legénéral Montbrun , commandant la cavalerie , aidés d’un jeune état-major français plein d’ardeur, leur inspirèrent en peu de temps l’espritqui animait alors notre armée, et quelle communiquait à toutes lestroupes en contact avec elle. Vandamme, qui n’avait jamais dirigé dssiège, et ne possédait aucune des connaissances de l’ingénieur, maisqui suppléait à tout par un heureux instinct de la guerre, avait entre-pris de brusquer les places de la Silésie , bien qu’il sût que les gouver-neurs de ces places étaient décidés à se bien défendre. Il voulutemployer un moyen qui avait réussi à Magdcbourg, celui d’intimider