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11VRE XXVI.

Thorn avec sa gauche renforcée, afin de les séparer des Prussiens, etde les jeter dans le chaos de bois et de marécages que présente l’inté-rieur du pays. Cette fois au contraire, les voyant décidés à longer lelittoral pour passer la basse Vistule , il dut adopter la marche oppo-sée, c’est-à-dire remonter lui-même la Narew qu’ils abandonnaient,et, s’élevant assez haut pour les déborder, se rabattre brusquementsur eux, afin de les pousser à la mer. Cette manœuvre, en cas desuccès, était décisive ; car si, dans le prenàier plan, les Russes refoulésvers l’intérieur de la Pologne étaient exposés à une situation difficileet dangereuse, dans le second, acculés à la mer, ils se trouvaient,comme les Prussiens à Prenslow ou à Lubeck , réduits à capituler.

En conséquence, Napoléon résolut de rassembler toute son arméesur le corps du maréchal Soull, en prenant ce corps pour centre deses mouvements. Pendant que le maréchal Soult, réunissant ses divi-sions sur celle de gauche, marcherait par Willemberg sur Passenheimet Allenstein, le maréchal Davoust, formant l'extrême droite del’armée, devait se rendre au même endroit par Pultusk , Mysznicc,Ortclsbourg ; le maréchal Augereau, formant l’arrière-garde, devait yvenir de Plonsk par Neidenbourg et Hohenstein ; le maréchal Ney,formant la gauche, devait y venir d’Osterode. C’est à ce bourg d’Allen-stein, adopté par Napoléon comme point commun de ralliement , quela Passarge et l’Aile, rapprochées un moment, commencent à seséparer. Une fois arrivés sur ce point, si les Russes persistaient à fran-chir la Passarge, nous étions déjà sur leur flanc, et très-près de lesavoir débordés. C’était donc à ce bourg d’Allenstein qu’il importaitd’amener à temps les quatre corps des maréchaux Davoust, Soult,Augereau et Ney.

Murat était à peine remis de son indisposition, mais son ardeursuppléant à ses forces, il monta le jour même à cheval, et après avoirreçu les instructions verbales de l’empereur, il rassembla immédiate-ment la cavalerie légère et les dragons, pour les porter en tèie dumaréchal Soult. La grosse cavalerie cantonnée sur la Vistule , versThorn, dut le rejoindre le plus promptement possible.

Napoléon, averti de la présence du général Essen entre le Bug et laNarew , consentit à se passer du corps du maréchal Lannes, qui étaitle cinquième, et lui ordonna de se placer à Sierock, pour faire faceaux deux divisions russes postées de ce côté, et tomber sur elles aupremier mouvement qu’elles essayeraient sur Varsovie . Le maréchal