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Lannes étant absolument incapable de prendre le commandement ducinquième corps, à cause de l’état de sa santé, Napoléon le remplaçapar son aide de camp Savary, dans l’intelligence et la résolutionduquel il avait une entière confiance.
Il dirigea sa garde à pied et à cheval sur les derrières du maréchalSoult, et quant à la réserve des grenadiers et voltigeurs qui avait prisses quartiers en arrière de la Vislule, entre Varsovie et Posen , il s’enpriva cette fois, pour lui faire occuper les enviions d’Ostrolcnka, eten former un échelon intermédiaire entre la grande armée et lecinquième corps laissé sur la Narcw. Cette réserve était chargée desecourir le cinquième corps, si les divisions du général Essen menaçaientVarsovie ; dans le cas contraire elle devait rejoindre le quartier général.
Ces dispositions arrêtées vers sa droite, Napoléon prit vers sa gauchedes précautions plus profondément calculées encore, et qui montraientquelle vaste portée il espérait donner à son mouvement. Il prescrivaitau maréchal Bernadottc, qui était à Osterode, de rétrograder lente-ment sur la Vistulc, au besoin même de se replier jusqu’à Thorn, poury attirer l’ennemi, puis de se dérober en se couvrant d’une avant-garde comme d’un rideau, et de venir, par une marche forcée, se lierà la gauche de la grande armée, afin de rendre plus décisive lamanœuvre par laquelle on voulait acculer les Russes à la mer et à labasse Vistule .
Cependant Napoléon ne s’en tint pas à ces soins. Craignant que lesRusses , si on parvenait à les tourner, n’imitassent l’exemple du géné-ral Blucher, qui, séparé de Stcttin, avait couru à Lubeck , et qu’ils nese portassent de la Vistule à l’Oder , il pourvut à ce péril au moyend’un habile emploi du dixième corps. Ce corps, destiné à faire sous lemaréchal Lefebvre le siège de Dantzig, n’était pas encore réuni toutentier. Le maréchal Lefebvre n’avait que le 13' de ligne, le 2“ léger,les cuirassiers du général d’Espagne, et les huit bataillons polonais dePosen. Napoléon lui ordonna de rester avec ces troupes le long de laVistule, et au-dessus de Graudenz . Les fusiliers de la garde , le régi-ment de la garde municipale de Paris, la légion du Nord , deux descinq régiments de chasseurs d’Italie déjà rendus en Allemagne , enfinles Badois, devaient se réunir à Stcttin, sous le général Ménard, et,s’élevant vers Posen , tâcher de se joindre au maréchal Lefebvre, quiviendrait à eux ou les laisserait venir à lui, selon les événements, demanière à tomber tous ensemble sur le corps russe qui voudrait aller