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EYLAU.

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Le I er février, Murat et le maréchal Soult étaient à Passenheim, lemaréchal Davoust s’avançait sur Ortelsbourg, Augereau et Ney se rap-prochaient par Hohenstein du gros de l’armée. Napoléon se trouvaitavec la garde à Willenberg. Environ vingt-quatre ou quarante-huitheures, et on allait être au nombre de 73,000 hommes sur le flancgauche des Russes . Napoléon, toujours soigneux de guider ses lieute-nants pas à pas, avait adressé une nouvelle dépêche au maréchal Berna-dotte, pour lui expliquer une dernière fois son rôle dans cette grandemanœuvre, pour lui indiquer la manière de se dérober promptementà l’ennemi, et de rejoindre l’armée, ce qui devait rendre l’effet de lacombinaison actuelle plus certain et plus décisif. CÎette dépêche avaitété confiée à un jeune officier récemment adjoint à l’état-major, quiavait ordre de la porter en toute hâte vers la basse Vistule .

Oii marcha le 2 et le 3 février. Le 3 au soir, après avoir dépasséAllenstein, on déboucha devant une position fort élevée, qui s’étendde l’Aile à la Passarge, bien flanquée de droite et de gauche par cesdeux rivières et par des bois. C’étail la position de Joncowo. Napoléon,qui avait poussé le 3 jusqu’à Gettkendorf, non loin de Jonkowo, courutà l’avant-garde pour reconnaître l'ennemi. Il le trouva plus en forcequ’on ne devait le supposer, et rangé sur le terrain comme s’il eûtvoulu y livrer bataille. Napoléon fit aussitôt ses dispositions pourengager le lendemain une action générale, si l’ennemi persistait à l’at-tendre à Jonkowo.

Il pressa l’arrivée des maréchaux Augereau et Ney qui étaient prêtsà le joindre. Il avait déjà sous la main à Gettkendorf le maréchal Soult,la garde, Murat, et à quelque distance de sa droite le maréchal Da-voust qui hâtait le pas afin d’atteindre les bords de l’Aile. Voulantassurer le succès du lendemain, Napoléon ordonna au maréchal Soult,de filer à droite, le long du cours de l’Aile, de suivre les sinuosités decette rivière, de s’engager dans un rentrant quelle formait derrière laposition dos Russes , et de la passer de vive force au pont de Bergfried,quelque résistance qu’on dût y rencontrer. Ce pont enlevé, on possé-dait sur les derrières de l’ennemi un débouché, par lequel on pouvaitle mettre dans le plus grand danger. Deux des divisions du maréchalDavoust furent dirigées sur ce point, afin de rendre le résullat in-faillible.

Le soir même de ce jour, le maréchal Soult exécuta l’ordre de l’em-pereur, fit emporter par la division Levai le village de Bergfried, puis