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LIVRE XXVI.

râbles, ils étaient précieux pour les Français , qui, devançant leursconvois, n’avaient pour vivre que ce qu’ils se procuraient en route.

Le lendemain 5 février, on marcha dans le même ordre, les Fran-çais ayant leur droite à l’Aile, les Russes y ayant leur gauche, les unset les autres cherchant à se gagner de vitesse. Pendant ce temps, Neys’étant avancé par le pont de Deppen au delà de la Passarge, afin d’ycouper la retraite des troupes ennemies en retard, rencontra en effetles Prussiens sur la route de Liebstadt . Le général Lcstocq, n’espérantpas s’ouvrir une issue en passant sur le corps de Ney, se résigna à unsacrifice qui était devenu nécessaire. Il présenta aux Français une fortearricre-gardc de trois à quatre mille hommes, et tandis qu’il la livraità leurs coups, il tâcha de se dérober en descendant le cours de la Pas-sarge, pour la traverser plus bas. Ce calcul, qui est souvent une descruelles nécessités de la guerre, sauva sept à huit mille Prussiens, parle sacrifice de trois à quatre mille, Ney fondit sur ceux qu’on lui oppo-sait à Waltcrsdorf, en sabra une partie et prit le reste. Il avait à la findu combat deux mille cinq cents prisonniers. Le sol était couvert d’unmillier de morts et de blessés, d’une nombreuse artillerie et d’uneimmense quantité de bagages. Napoléon, qui attachait plus de prix àbattre les Russes par la réunion de toutes ses forces qu’à ramasser desprisonniers prussiens sur les routes, recommanda au maréchal Ney dene pas trop s’obstiner à la poursuite du général Lestocq, et d’avoir soinde ne pas se séparer de la grande armée. En conséquence de ces in-structions, le maréchal Ney abandonna la poursuite des Prussiens, ettoutefois tâcha de ne pas les perdre de vue, afin d’empêcher leur jonc-tion avec les Russes .

Le 6 février, les Russes , forçant de marche, atteignirent Landsberg,sans cesse harcelés par les Français , et abandonnant sur l’Aile la petiteville de Heilsberg, où ils avaient encore des magasins, des malades etdes traînards. Leur arrière-garde ayant essayé de s’y maintenir, lemaréchal Davoust la fit pousser vivement, et comme il s’avançait enoccupant les deux bords de l’Aile , la division Friant rencontra cettearrière-garde qui s’échappait par la rive droite, la dispersa, lui tua oului prit quelques centaines d’hommes.

Les Russes voulurent s’arrêter pendant la nuit du G au 7 à Lands-berg. En conséquence ils se couvrirent par un gros détachement placéà Hoff. Au milieu d’un pays accidenté, une forte masse d’infanterie,ayant à sa droite un village, à sa gauche des bois, protégée de plus