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EYLAU.

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s’imposait à lui-même, adressa quelques paroles de consolation à Auge-rcau, puis il le renvoya sur les derrières, et prit ses mesures pourréparer le dommage. Lançant d'abord les chasseurs de sa garde, etquelques escadrons de dragons qui étaient à sa portée , pour ramenerla cavalerie ennemie, il lit appeler Murat, et lui ordonna de tenter uneffort décisil' sur la ligue d’infanterie qui formait le centre de l’arméerusse, et qui, profilant du désastre d’Augereau, commençait à se porteren avant. Au premier ordre, Murat était accouru au galop. Eh bien ,lui dit Napoléon, nous laisseras-tu décorer par ces gens-là9 » Alorsil prescrivit à cet héroïque chef de sa cavalerie, de réunir les chasseurs,les dragons , les cuirassiers, et de se jeter sur les Russes avec quatre-vingts escadrons, pour essayer tout ce que pouvait l’élan d’une pareillemasse d hommes à cheval, chargeant avec fureur une infanterie réputéeinébranlable. La cavalerie de la garde fut portée en avant, prête àjoindre son choc à celui de la cavalerie de l’armée. Le moment étaitcritique, car si l’infanterie russe n’était pas arrêtée, elle allait aborderle cimetière, centre de la position, et Napoléon n’avait pour ledéfendre que les six bataillons à pied de la garde impériale.

Murat part au galop, réunit ses escadrons, puis les fait passer entrele cimetière et Rothenen, à travers ce même débouché par lequel lecorps d’Augereau avait déjà marché à une destruction presque certaine.Les dragons du général Grouchy chargent les premiers, pour déblayerle terrain, et en écarter la cavalerie ennemie. Ce brave officier, ren-versé sous son cheval, se relève, se met à la tète de sa seconde brigade,et réussit à disperser les groupes de cavaliers qui précédaient l’infan-terie russe. Mais pour renverser celle-ci, il ne faut pas moins que lesgros escadrons vêtus de fer, du général d’Hautpoul. Cet officier, quise distinguait par une habileté consommée dans l’art de manier unecavalerie nombreuse, se présente avec vingt-quatre escadrons de cui-rassiers, que suit toute la masse des dragons. Ces cuirassiers, rangéssur plusieurs lignes, s’ébranlent, et se précipitent sur les baïonnettesrusses. Les premières lignes, arrêtées par le feu, ne pénètrent pas, etse repliant à droite et à gauche, viennent se reformer derrière cellesqui les suivent, pour charger de nouveau. Enfin l’une d’elles, lancéeavec plus de violence, renverse sur un point l’infanterie ennemie, et youvre une brèche, à travers laquelle cuirassiers et dragons pénètrent 4l’envi les uns des autres. Comme un fleuve qui a commencé à percer unedigue l’emporte bientôt tout entière, la masse de nos escadrons, ayant