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EYLAU.

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Russes , et de le repousser à une assez grande dis'tance. Il aurait falluavoir sous la main uue réserve d’infanterie, afin d’achever la défaited’une troupe qui, après s’être couchée à terre, se relevait pour fairefeu. Mais Napoléon n’osait pas disposer du corps du maréchal Soult,réduit à une moitié de son effectif, et nécessaire à la garde d’Eylau.Le corps d’Augereau était presque détruit. Les six bataillons de lagarde à pied restaient seuls comme réserve, et au milieu des chancessi diverses de cette journée, fort éloignée encore de sa fin, c’était uneressource qu’il fallait conserver précieusement. A gauche, le maréchalNey, marchant depuis plusieurs jours côte à côte avec les Prussiens,pouvait les devancer, ou en être devancé sur le champ de bataille, et8,000 ou 10,000 hommes, survenant à l’improviste, devaient apporterà l’une des deux armées un renfort peut-être décisif. A droite, le ma-réchal Davoust se trouvait engagé avec la gauche des Russes dans uncombat acharné, dont le résultat était encore inconnu.

Napoléon , immobile dans ce cimetière où l’on avait accumulé lescadavres d’un grand nombre de ses officiers, plus grave que de cou-tume, mais commandant à son visage comme à son âme, ayant sagarde derrière lui, et devant lui les chasseurs, les dragons, les cuiras-siers reformés, prêts à se dévouer de nouveau, Napoléon attendaitl’événement, avant de prendre une détermination définitive. Jamais,ni lui, ni ses soldats n’avaient assisté à une action aussi disputée.

Mais le temps des défaites n’était pas venu , et la fortune, rigou-reuse un moment pour cet homme extraordinaire, le traitait encore enfavori. A cette heure, le général Saint-Hilaire avec sa division, le ma-réchal Davoust avec son corps,, justifiaient la confiance que Napoléon avait mise en eux. La division Saint-Hilaire, accueillie comme le corpsd’Augereau, et au même instant, par un horrible feu de mitraille et demousqueterie, avait eu cruellement à souffrir. Aveuglée aussi par laneige, elle n’avait point aperçu une masse de cavalerie accourant surelle au galop, et un bataillon du 10° léger, assailli avant d’avoir pu seformer, avait été renversé sous les pieds des chevaux. La division Mo-rand, extrême gauche de Davoust, découverte par l’accident arrivé aubataillon du 10 e léger,, s’était vue ramenée en arrière, pendant deuxou trois cents pas. Mais bientôt Davoust et Morand l’avaient reportéeen avant. Dans cet intervalle, le général Friant soutenait à Klein-Sausgarten une lutte héroïque , et, secondé par la division Gudin, iloccupait définitivemeiït cette position avancée sur le flanc des Russes .

h.