LIVRE XXVlï
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Il venait même de pousser des détachements jusqu’au village deKuschitten, situé sur leurs derrières. C’était le moment où, la journéeétant presque achevée, et l’armée russe presque à moitié détruite, labataille semblait devoir se terminer en notre laveur.
Mais l’événement que redoutait Napoléon s’était réalisé. Le généralLeslocq, poursuivi à outrance par le maréchal Ncy, paraissait sur cechamp de carnage, avec 7,000 ou 8,000 Prussiens, jaloux de se vengerdu dédain des Russes . Le général Leslocq, devançant à peine d’uneheure ou deux le corps du maréchal Ney, avait tout juste le temps deporter un coup avant d’ètre atteint lui-même. Il débouche sur lechamp de bataille à Schinoditleu, passe derrière la double ligue desRusses , maintenant brisée par le leu de nos artilleurs, par le sabre denos cavaliers, et se présente à Kuschitten, en lace de la division Friant,qui, dépassant Klein-Sausgarteu, avait déjà rcioulé la gauche de l’en-nemi sur son centre. Le village de Kuschitten était occupé par quatrecompagnies du 108 e , et par le 51 e , qui avait été détacht; de la divisionMorand pour aller au soutien de la division Friant. Les Prussiens,ralliant les Russes autour d’eux, fondent impétueusement sur le 31*et sur les quatre compagnies du 108 e , ne parviennent pas à les rompre,mais les ramènent fort en arrière de Kuschitten. Les Prussiens, aprèsee premier avantage, se portent au delà de Kuschitten, afin de ressaisirles positions du matin. Ils marchent déployés sur deux lignes. Lesréserves russes , ralliées, forment sur leurs ailes deux colonnes serrées.Une nombreuse artillerie les précède. Us s avancent ainsi en traversantles derrières du champ de bataille, pour regagner le terrain perdu, etramener le maréchal Davoust sur Kleiu-8ausgarteu, et de Kiein-Sausgarten sur Serpallen. Mais les généraux Friant et Gudiu, ayant lemaréchal Davoust à leur tète, accourent. La division Friant tout en-tière, les 12 e , 21 e , 25 e régiments appartenant à la division Gudin, seplacent en avant, couverts par toute l’artillerie du troisième corps.Vainement les Russes et les Prussiens veulent-ils renverser cet obstacleformidable, ils n’y peuvent réussir. Les Français , appuyés à des bois,à des marécages, à des monticules, ici déployés eu ligne, là dispersésen tirailleurs, opposent une opiniâtreté invincible à ce dernier effortdes coalisés. Le maréchal Davoust, parcourant les rangs jusqu’à la lindu jour, contient ses soldats eu leur disant : « Les lâches iront mouriren Sibérie ; les braves mourront ici en gens d’honneur. » L’attaquedes Prussiens et des Russes ralliés s’arrête, le terrain perdu sur leur