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FRIEDLAND ET TILSIT.

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Tandis que les Russes agissaient de leur côté, l’amirauté anglaise avait ordonné au contre-amiral Louis de se porter avec trois vaisseauxvers les Dardanelles , de les franchir sans commettre aucun acte hos-tile, ce qui se pouvait, les Turcs à cette époque permettant le passageaux vaisseaux armés de la Russie et de l’Angleterre, d’y exécuter unesimple reconnaissance des lieux, d’y recueillir les familles des négo-ciants anglais qui ne voudraient pas rester à Constantinople pendantles événements dont on était menacé, et de revenir ensuite à Téuédospour attendre deux divisions, l’une de l’amiral Sidney Smith tirée desmers du Levant, l’autre de l’amiral Duckworth tirée de Gibraltar . Lestrois divisions, fortes de huit vaisseaux , de plusieurs frégates, cor-vettes et bombardes, devaient être placées sous le commandement, del’amiral Duckworth , et agir sur la réquisition de sir Arbuthnot, am-bassadeur d’Angleterre à Constantinople .

Quand ce déploiement de forces sur terre et sur mer fut connudes Turcs, soit par la marche des Russes au delà du Dniester , soit parl’apparition du contre-amiral Louis aux Dardanelles, ils regardèrent laguerre comme inévitable, et ils l’acceptèrent, les uns avec enthou-siasme, les autres avec terreur. Quoique la Russie protestât vivementde ses intentions inoffensives, et déclarât que ses troupes venaientoccuper pacifiquement les provinces danubiennes, afin d’assurer l’exé-cution des traités, la Porte ne se laissa point abuser, et elle expédiases passe-ports à M. d’Italinski. Les deux détroits furent immédiate-ment fermés au pavillon militaire de toutes les puissances. Les pachasplacés dans les provinces frontières reçurent l’ordre de réunir destroupes, et Mustapha Baraïctar, à la tète de 80,000 hommes, futchargé de punir les Russes de leur mépris envers l’armée turque, mé-pris poussé jusqu’à envahir l’empire avec moins de 50,000 hommes.

M. d’Italinski parti, restait à Constantinople M. Charles Arbuthnot,ministre d’Angleterre, qu’on n’était pas fondé à renvoyer encore,puisqu’aucune hostilité n’avait été commise par les forces britanniques.M. Charles Arbuthnot prit à son tour l’attitude la plus menaçante,demanda le rappel de M. d’Italinski, l’expulsion du général Sébastiani,l’adoption immédiate d’une politique hostile à la France , le renouvel-lement des traités qui liaient la Porte à l’Angleterre et à la Russie ,enfin la libre entrée des détroits pour le pavillon britannique. On nepouvait pousser plus loin l’exigence dans les choses, l’arrogance dansle langage. M. Charles Arbuthnot déclara même que si ces conditions

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