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LIVRE XXVII.
n’étaient pas acceptées sur-le-champ, sa retraite suivrait de près cellede M. d’Italinski, et qu’il se rendrait à bord de l’escadre anglaise,réunie en ce moment à Ténédos , pour la ramener de vive force sousles murs de Constantinople . Cette menace jeta le divan dans la plusprofonde consternation. On ne comptait guère sur les fortificationsdes Dardanelles, depuis longtemps négligées, et, les Dardanelles fran-chies, on tremblait à l’idée d’une escadre anglaise maîtresse de la merde Marmara , accablant de ses feux le sérail, Sainte-Sophie , 1 arsenalde Constantinople .
Aussi la disposition à céder était-elle générale. Mais l’habile ambas-sadeur qui représentait alors la France à Constantinople , et qui avaitl’avantage d’être à la fois diplomate et militaire, soutint le couragechancelant des Turcs. Il leur montra tous les inconvénients attachésen cette circonstance à une conduite pusillanime. Il fit ressortir à leursyeux la coïncidence des projets de l’Angleterre et de la Hussie, leconcert de leurs efforts pour envahir le territoire ottoman par terre etpar mer, la réunion prochaine sous les murs de la capitale d’une arméerusse et d’une flotte anglaise, le danger d’un partage total de l’empire,ou au moins d’un démembrement partiel, par l’occupation simultanéede la Valachie, de la Moldavie et de l’Égypte . Il fit retentir bien hautle nom de Napoléon, scs victoires, sa présence sur la Vistule , les avan-tages qu’on trouverait dans son alliance. Il annonça l’envoi sous brefdélai de secours considérables, et promit la restauration de l’anciennepuissance ottomane , si les Turcs voulaient déployer un moment leurantique courage. Ces exhortations, parvenues au sultan et aux diversmembres du gouvernement, tantôt par les voies directes, tantôt pardes voies indirectes bien choisies, secondées en outre par l’évidence dupéril, par les nouvelles arrivées coup sur coup de la marche triom-phale de Napoléon, produisirent l’effet qu’il fallait en attendre, et ledivan, après de nombreuses alternatives d’exaltation et d’abattement,termina cette négociation en refusant d’accéder aux demandes deM. Charles Arbuthnot, et en manifestant la résolution bien arrêtée dele laisser partir.
Le ministre d’Angleterre quitta Constantinople le 29 janvier, ets’embarqua sur V Endymion , pour se rendre à bord de l’escadre com-mandée par sir John Duckworlh, laquelle était mouillée à Ténédos endehors des Dardanelles . M. Charles Arbuthnot, pendant une quinzainede jours, ne cessa de menacer la Porte des foudres de l’escadre britan-