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LIVRE XXVII.

Telle fut la fin de cette entreprise que l’insuffisance des moyens, etdes scrupules d’humanité, peu ordinaires alors à la politique anglaise,firent échouer. 1/Angleterre parut singulièrement affectée de cerésultat. Napoléon en conçut une joie fort naturelle, car indépendam-ment de l’effet moral produit en Europe par l’affaire de Constantinople ,effet tout à son profit, la lutte engagée avec les Turcs devenait unediversion des plus utiles h ses armes.

L’Europe en ce moment était fort émue de la terrible batailled’Eylau , commentée en sens très-divers. Les uns s’applaudissaient dece qu’on était parvenu h tenir tête aux Français -, les autres, en plusgrand nombre, s’épouvantaient de la cond'tion à laquelle on avait puleur résister un instant, condition terrible, car il avait fallu leur donnerune armée à égorger, en la jetant sous leurs pas, comme un obstaclephysique à détruire. Pour la première fois, il est vrai, les succès obtenuspar les Français n’avaient pas été aussi décisifs que de coutume, sur-tout en apparence ; mais l’armée russe, dans cette sanglante journée,n’en avait pas moins perdu un tiers de son effectif, et si le général Ben-ningsen, pour dissimuler sa défaite, essayait quelques démonstrationsprésomptueuses en face de nos quartiers d’hiver, il lui était impossiblede rien tenter de considérable, ni de s’opposer â un seul des siègesentrepris sous ses yeux. Napoléon , que ses renforts commençaient àrejoindre, avait pour l’accabler cent mille hommes présents sous lesarmes, sans compter les troupes françaises ou alliées qui, protégées parla grande armée, exécutaient à gauche le siège de Dantzig, et achevaient,à droite la conquête des places de la Silésie . La seule difficulté quiempêchât Napoléon de terminer cette campagne déjà bien longue,était, comme on l’a vu , celle des transports. S’il eût gelé fortement,le traînage eût permis de porter avec soi de quoi nourrir l’armée pen-dant une opération offensive. Mais les alternatives de gel et de dégelrendaient impossible de charrier un approvisionnement de quelquesjours. Il fallait donc attendre une autre saison, et M. de Talleyrand ,laissé à Varsovie , employait les sollicitations, l’argent., les promesses,les menaces même, pour assurer le transport des vivres indispensables,de la Vistule à la Passarge.

Dans cette situation, qui devait se prolonger plusieurs mois encore,il y avait place pour les négociations. Depuis que les obstacles naturelsse faisaient sentir à Napoléon, et surtout depuis qu’il observait la Po-logne de plus près, l’enivrement qui l’avait porté sur la Vistule s’était