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FRIEDLAND ET TILS1T.

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courage, et, dans l’enthousiasme du succès, l’escadre turque , qu’oaavait promptement équipée, voulut mettre à la voile , afin de pour-suivre les Anglais . Le général Sébastiani s'efforça en vain d’empêchercette imprudence, qui pouvait fournir à l’amiral Duckworth l'occasiond’illustrer sa retraite par la destruction de la flotte ottomane . Mais lepeuple poussait de tels cris, les équipages étaient si animés, que legouvernement, incapable de résister aux entraînements du couragecomme à ceux de la lâcheté, fut obligé de consentir au départ de l’es-cadre. Le capitan-pacha leva l’ancre pendant que les Anglais , pressés dese retirer, fuyaient, sans s’en douter, le triomphe qui courait après eux.

Le lendemain, 3 mars, l’escadre anglaise s’emboucha dans la partieresserrée et dangereuse du détroit des Dardanelles . Le petit nombred’officiers français qu’on avait pu envoyer au détroit y avaient réveilléle zèle des Turcs avec autant de succès qu’à Constantinople . Les batte-ries étaient réparées et mieux servies. Malheureusement l’artillerielourde, montée sur de mauvais affûts, se trouvait aux mains de poin-teurs peu adroits. On lança néanmoins sur l’escadre anglaise un cer-tain nombre de gros boulets de marbre, ayant plus de deux pieds dediamètre, et qui, bien dirigés, auraient pu être fort dangereux. LesAnglais n’employèrent qu’une heure et demie à franchir la partieétroite du canal, depuis le cap Nagara jusqu’au cap des Barbiers, grâceà des vents du nord, très-favorables à leur marche. Ils se compor-tèrent avec la vaillance ordinaire à leur marine, mais ils essuyèrentcette fois de graves avaries. Plusieurs de leurs vaisseaux furent percéspar ces gros projectiles, qui les auraient coulés à fond, s’ils avaient étécreux et chargés de poudre, comme ceux dont on se sert aujourd’hui.La plupart des bâtiments de l’escadre, en sortant du détroit, étaientdans un état qui demandait de promptes réparations. Ce second pas-sage coûta aux Anglais plus de deux cents hommes, en morts oublessés, perte peu considérable si on la compare au carnage des grandesbatailles de terre, mais qui n’est pas sans importance, si on la com-pare à ce qui se passe dans les combats de mer. Tandis que la divisionanglaise sortait des Dardanelles, l’amiral Sinîavin arrivait à Ténédos ,avec une division russe de six vaisseaux. Il fit auprès de l’amiral Duck-worth les plus vives instances pour le décider à recommencer l’opéra-tion. Après l’échec qu’on venait de subir, une nouvelle tentative eûtété extravagante, car six vaisseaux russes n’auraient pas sensiblementchangé la situation et amoindri la difficulté,vu.

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