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LIVRE XXVII.

place du royaume d’Étrurie, et qui pouvaient plutôt servir à la livreraux Anglais qu’à la défendre. Napoléon, paraissant prendre au sérieuxl’explication que le prince de la Paix donnait de sa proclamation, leremercia de son zèle, et lui demanda d’en fournir une nouvelle preuve,en l’aidant d’une quinzaine de mille hommes, tout à fait inutiles, soitaux Pyrénées, soit à Livourne. Napoléon ajouta qu’il se proposait demettre en leurs mains le Hanovre , propriété de l’Angleterre, commegage de la restitulion des colonies espagnoles. Il ne fallait pas, envérité, des raisons aussi artislement arrangées, pour la bassesse dugouvernement espagnol de cette époque. A peine la dépêche de Napo-léon parvenait-elle à Madrid , que l’ordre de marche était envoyé auxtroupes espagnoles. Environ 9,000 à 10,000 hommes partaient desPyrénées, 4,000 à 8,000 de Livourne. Napoléon expédia partout lesinstructions nécessaires pour qu’on les reçût, soit en France , soit dansles pays dépendants de scs armes, de la manière la plus amicale et laplus hospitalière, pour qu’on leur fournît en abondance des vivres,des vêtements, même de l’argent.

Il allait donc avoir sur l’Elbe , des Allemands, des Italiens , desEspagnols , des Hollandais, au nombre de G0,000 hommes pour lemoins. Les Bavarois et les Wurtembergeois, réunis au nouveau contin-gent exigé de la confédération du Rhin , pouvaient former environ30,000 hommes ; les Hollandais accrus de quelques troupes, 15,000 ;les Espagnols 15,000; les Italiens 7,000 à 8,000. Pour que cesauxiliaires devinssent de très-bonnes troupes , il suffisait de leuradjoindre une certaine quantité de Français . Napoléon imagina unmoyen de s’en procurer 40,000, et des meilleurs, en les tirant encored’Italie et de France . Il avait eu la précaution d’ordonner longtempsà l’avance la mise sur pied de guerre de l’armée d’Italie . Cinq divisionsd’infanterie étaient toutes organisées en Frioul et en Lombardie ,Napoléon résolut d’appeler de Brescia et de Vérone les deux divisionsMolitor et Boudet, divisions excellentes, dignes de leurs chefs, et quiprouvèrent depuis ce dont elles étaient capables, à Essling et Wagram.Elles représentaient un effectif de 15,000 à 16,000 hommes, presquetous vieux soldats d’Italie , recrutés avec quelques conscrits des der-nières levées. Ces divisions reçurent l’ordre de passer les Alpes , et dese rendre par Augsbourg, l’une àMagdebourg, l’autre à Berlin . Un moiset demi suffisait à ce trajet.

Napoléon affaiblissait ainsi l’Italie, mais l’Italie dans le moment était