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FRIEDLAND ET TILS1T.

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loin d’avoir autant d’importance que l’Allemagne . Bien couvert sur sesderrières, tandis qu’il serait en Pologne , certain de pouvoir se rejeter,par la Silésie ou par la Saxe, sur la Bohême et de terrasser l’Autriche d’un seul coup du revers de son épée , il était toujours assuré dedégager l’Italie , fût-elle envahie passagèrement. Il calculait donc très-habilement , en préférant se rendre fort en Allemagne plutôt qu’enItalie . Ce n’était pas d’ailleurs sans compensation qu’il affaiblissaitcelte contrée, car il avait prescrit de lui envoyer 20,000 conscrits, àprendre sur les classes de 1807 et de 1808 , et il ordonnait en outred’extraire les compagnies d’élite des bataillons de dépôt, pour formeren Lombardie deux nouvelles divisions actives, ce que sa prévoyanceavait rendu facile, en tenant les dépôts d’Italie comme ceux de France toujours pleins et bien exercés. Il devait donc bientôt avoir , commeauparavant, 60,000 hommes sur l’Adige, 72,000 avec le corps deMarmont, 90,000 en reportant un fort détachement de Naples versMilan .

Mais 15,000 Français ne suffisaient pas sur l’Elbe pour servir delien et d’appui aux 60,000 auxiliaires qu’il allait y réunir. Napoléon songeait à tirer encore de France une ressource précieuse. Il avaitformé à Boulogne , Saint-Lô, Pontivy , Napoléonvillc, quatre camps,composés d’un certain nombre de ses plus vieux régiments, de ceuxqui avaient besoin de se reposer et de se recruter, et il les avait abon-damment pourvus de tout ce qui leur était nécessaire en hommes et enmatériel. Ces régiments présentaient une force d’à peu près 56,000hommes. Ils devaient être secondés, comme on L’a vu, par quelquesdétachements de gardes nationales, dont 6,000 hommes à Saint-Omer ,5,000 à Cherbourg, 5,000 entre Oléron et Bordeaux , par 10,000 ma-rins de la flottille de Boulogne, par 5,000 ouvriers enrégimentés àAnvers, 8,000 à Brest, 3,000 à Lorient , 4,000 à Rocheforl, par12,000 gardes-côtes, et par 5,000 hommes de gendarmerie, qu’onétait toujours à même de réunir sur un point, en appelant cette milicede vingt-cinq lieues à la ronde. C’était une force de plus de 90,000hommes le long des côtes, pouvant donner 25,000 à 50,000 hommessur la partie du littoral qui serait attaquée. Napoléon imagina de rem-placer les troupes régulières des camps de Boulogne, Saint-Lô, Pon-tivy , Napoléonville, par une nouvelle création. Il ordonna de formercinq légions, composées avec des officiers pris dans l'armée, et avec desconscrits tirés des deux dernières conscriptions, commandées par cinq