FUIKLiLAM) KT TlLSlT.
519
diocre résistance aux Français . À peine arrivé, le maréchal Kalkreuthacheva de brûler les riches faubourgs de Dantzig , que son prédécesseuravait commencé de livrer aux flammes, s’attacha à réparer les ouvrages,à relever l'esprit de la garnison, et à intimider quiconque serait tentéde se rendre.
Dantzig n’était donc plus, en mars 1807, une place ruinée ou négli-gée, qu’il fût possible d’enlever par surprise. Outre qu’elle avait unexcellent gouverneur, une puissante garnison, de vastes et solides ou-vrages, elle présentait un site d’un abord extrêmement difficile. Commetous les grands fleuves, la Vistule a son delta. Un peu au-dessus deMewe, à quinze lieues environ de la Baltique , elle se divise en deuxbras, qui enferment un pays fertile et riche, qu’on appelle ile deNogath. L’un de ces bras, celui de droite, va, sous le nom de Nogalh,se jeter dans le golfe appelé Frischc-IIaff ; l’autre, celui de gauche,auquel reste le nom de Vistule , coulant directement au nord, jusqu aune lieue de la mer, y rencontre tout à coup un banc de sable, sedétourne à l’ouest, et, après avoir longé ce banc de sable pendant septà huit lieues, se redresse au nord, et tombe enlin dans la Baltique .C’est à l'embouchure de ce dernier bras de la Vistule , au milieu d’unpays plat, extrêmement fertile, souvent inondé, et au pied de quelqueshauteurs sablonneuses, que la ville de Dantzig est située, à plusieursmille pas de la mer.
Le long banc de sable devant lequel la Vistule se détourne, pourcouler à l’ouest, s’appelle le Nehrung . D’uu et-té, il finit devantDantzig , de l’autre il vient, en se prolongeant pendant une vingtainede lieues, former l’un des bords du Frische Hatf, et joindre Ku nigs-berg, sauf une coupure à Pillau , coupure naturelle, que les eaux duNogalh, de la Passarge et de la Prégel ont pratiquée, pour se déchar-ger du Frische Hall' dans la Baltique. C’est par Pillau en effet qu’onpénètre du Frischc-Haif dans la Baltique , et que passe la navigationde l’importante ville de Kœnigsberg .
On peut donc, pourvu qu’on franchisse l’étroite passe de Pillau ,communiquer par terre de Kœnigsberg à Dantzig , en suivant ce bancde sable du Nehrung , large tout au plus d’une lieue, et ordinairementde beaucoup moins, long de vingt-cinq, ne portant pas un a rbre, exceptéprès de Dantzig , et couvert à peine de quelques cabanes de pécheurs.
Dantzig, placée sur le bras gauche de la Vistule , celui qui a con-servé ce nom, est à 2,300 toises de la mer, c’est-à-dire à uue lieue