FRIEDLAND ET TILSIT.
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ses troupes au feu. Témoignez-lui des égards, et tenez-lui compted’un zèle que ses pareils n’imitent guère. La poitrine de vos grena-diers, que vous voulez mettre partout, ne renversera pas des murailles.Il faut laisser faire vos ingénieurs, et écouter les avis du généralChasseloup, qui est un savant homme, et auquel vous ne devez pasôter votre confiance, sur le dire du premier petit critiqueur se mêlantdéjuger ce qu’il est incapable de comprendre. Réservez le courage devos grenadiers pour le moment où la science dira qu’on peut l’em-ployer utilement, et, en attendant, sachez avoir de la patience. Quel-ques jours perdus, que je ne saurais du reste comment employeraujourd’hui, ne méritent pas que vous fassiez tuer quelques millehommes dont il est possible d’économiser la vie. Montrez le calme, lasuite, l’aplomb, qui conviennent à votre âge. Votre gloire est dans laprise de Dantzig ; prenez celte place et vous serez content de moi. »Il n’en fallait pas davantage pour calmer le maréchal. Il se résignadonc à laisser continuer les opérations du siège, selon toutes les règlesde l’art. Bien qu’on eût porté le camp du Nehruug sur la basse Vistule ,et qu'on eût barré le passage du canal et du fleuve, l’investissement nepouvait devenir complet que par la prise del'ile de Holm, et ce n’étaitaussi que par la prise de cette île qu’on pouvait faire tomber une foulede redoutes, celle de Kalkc-Schanze surtout, qui prenait nos tranchéesà revers,, les incommodait de son feu, et en ralentissait le progrès, àcause des traverses qu’il fallait ajouter à nos ouvrages. Sans avoir toutesles troupes qu’on aurait désirées pour pousser le siège rapidement, onen avait assez néanmoins pour faire une tentative sur l’ile de Holm. Lanuit du 6 au 7 mai fut consacrée à cette entreprise. Odre fut donné augénéral Gardanne d’y concourir de son côté, en se portant vers le canalde Laake, et en essayant de le passer sur des radeaux. Huit centshommes, descendant de la gauche du quartier général sur le bord dela Vistule , durent traverser le fleuve en deux fois, et exécuter la prin-cipale attaque. A dix heures du soir douze barques furent amenées vis-à-vis le village de Schellmühl, sans que l’ennemi s’en aperçût. A uneheure de la nuit les barques portant des détachements du régiment dela garde de Paris , des 2' et 12 e légers, et 50 soldats du génie, parti-rent de la rive gauche, et abordèrent dans lilc de Holm. L’ennemidirigea sur les embarcations quelques coups de canon à mitraille. Nostroupes, malgré ce feu, s’élancèrent à terre. Les grenadiers de la gardede Paris coururent sur la redoute la plus rapprochée , sans tirer un