Band 
[7. - 8.]
Seite
366
JPEG-Download
 

LIVRE XXVI.

3(16

qui le pressait de trop près, ou se formant en carré, et, fusillant à boutportant l’innombrable cavalerie russe, inspirant enfin aux ennemis uneadmiration qu’ils exprimèrent eux-mêmes quelques jours après Ilne voulut pas céder tout entier l’espace de quatre à cinq lieues, quisépare en cet endroit l’Aile de la Passarge, et il fit balte à Ankendorf.Il avait eu affaire à 13.OÜ0 hommes d’infanterie, à 15,000 hommesde cavalerie, et si les deux colonnes du prince Bagration et du lieute-nant général Saken eussent agi ensemble, si la garde impériale se fûtjointe à elles, il est difficile qu’en présence de 00,000 hommes réunis,il n’eilt pas essuyé un terrible échec. Il avait perdu 1,?l)0 ou 1,500hommes en morts ou blessés, mais il avait abattu plus de trois milleRusses. A trois heures de l’après-midi l’ennemi s arrêta lui-même,sans aucun motif, comme il arrive quand une pensée ferme et consé-quente ne dir’ge pas les mouvements des grandes masses.

Dans la même journée l’hetman Plntow avait passé l'Aile à Berg-fred. et inondé de ses cosaques le pays marécageux et boisé qui sépa-rait. la grande armée des postes du maréchal Massena. Mais il n étaitnullement probable qu’il osât, aborder les 30,000 hommes du maré-chal Davoust. Celui-ci. entendant retentir au loin le bruit du canon,se hâta de réunir ses troupes entre l’Aile et la Passarge, et prit laroute d’Alt-Ramten. qui lui permettait de secourir le maréchal Ney,tout en,.se rapprochant d’Osterode. Par une heureuse ruse de guerre,îl envoya dans la direction de l’ennemi l’un de ses officiers, de manièreà le fai r e prendre avec des dépêches qui annonçaient sa prochaine ar-

' Voici comment le narrateur Plotho a raconté ta retraite du maréchal Ney hDeppen :

<i t es Français , maîtres passés dans fart de la guerre, résolurent en ce jour ceproblème si difficile, d'entreprendre, sous les yeux d'un ennemi de beaucoup plus,fort et pressant vivement, unç retraite devenue indispensable, et de la rendre lemoins préjudiciable possible. Ils s’en tirèrent avec 1e plus grand savoir-faire. Lecalme et l’ordre, et en même temps la rapidité qu’apporta le corps de Ney à serassembler au signal de trois coups de canon : le sang-froid et la circonspectionattentive qu’il mit à exécuter sa retraite, pendant laquelle il opposa une résistancerenouvelée à chaque pas, et sut tirer parti en maître de chaque position : tout celaprouva le talent du capitaine qui commandait les Français , et l’habitude de la guerreportée chez eux à la perfection, aussi bien que l’auraient pu faire les plus bellesdispositions et la plus savante exécution d’une opération offensive. Pour attaqueravec succès, comme pour opposer une résistance régulière dans une retraite, il fautda rares qualités, il faut des vertus difficiles à pratiquer, et pourtant il est néces-saire que tout cela soit réuni dans le même personnage pour former le grand capi-taine. a