FRIEDLAND ET T1LSIT.
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exécuté, comme on l’a tu. Il enjoignit au maréchal Soult de persisterà défendre la Passargc, sauf à se retirer sur Mohrungen et deMohrungcnsur Saalfcld, s’il était forcé dans sa position, ou si l’un de scs voisinsl’était dans la sienne. Même instruction fut envoyée au corps dumaréchal Bernadette, avec indication de la route de Preuss-Holland surSaalfeld , comme ligne de retraite.
Tandis que Napoléon ramenait sur Saalfeld ses lieutenants placés enavant, il appelait sur ce meme point ses lieutenants placés en arrière.Il ordonna au maréchal Lannes de marcher de Marienbourgà Christbourget Saalfeld, au maréchal Mortier, qui était à Dirschau , de suivre lamême route, et à l’un comme à l’autre de prendre avec eux le plus devivres qu’ils pourraient. La cavalerie légère dut se réunir à Elbing , lagrosse cavalerie à Christbourg , et se diriger vers Saalfeld . Les troisdivisions de dragons qui campaient sur la droite à Bischoffswerder ,Strassburg et Soldau , eurent ordre de se rallier autour du corps deDavoust par Osterode. Tous devaient amener leurs vivres au moyendes transports préparés d’avance. Il fallait quarante-huit heures pourque ces diverses concentrations fussent opérées, et que 160,000 hommesse trouvassent réunis entre Saalfeld et Osterode. Napoléon lit en outremarcher sa garde de Finkenstein sur Saalfeld , et s’apprêta lui-mêmeà quitter Finkenstein le lendemain 6 , quand les mouvements del’ennemi seraient plus prononcés, et ses desseins mieux éclaircis. Ilrenvoya sa maison à Dantzig, ainsi que M. de Tallcyrand, qui était peupropre aux fatigues et aux dangers du quartier général.
Le 6 en effet les colonnes russes chargées de poursuivre l’attaquecommencée contre le corps du maréchal Ney étaient plus concentrées,par suite du mouvement offensif quelles avaient exécuté la veille, etle maréchal Ney allait avoir sur les bras 50,000 hommes d’infanterieet 15,000 de cavalerie. Après les pertes essuyées le jour précédent,il ne pouvait opposer que 15,000 hommes à l’ennemi. Mais il avaitd’avance pourvu à tout. Il avait envoyé au delà de Deppen ses blesséset ses bagages, pour que la route fût libre, et que son corps d’arméene rencontrât aucun obstacle sur son passage. Au lieu de décamper àla hâte, le maréchal Ney attendit fièrement l’ennemi, les brigades dontse composaient ses deux divisions étant rangées en échelons qui se dé-bordaient les uns les autres. Chaque échelon, avant de se retirer, four-nissait son feu, souvent même chargeait à la baïonnette , après quoiil se retirait et laissait à l’échelon suivant le soin de contenir les Russes .