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LIVRE XXVI,
ordre de se coucher par terre, afin de n’ètre pas aperçus. Ils laissèrentarriver les assaillants jusqu’au pied du retranchement, puis, par unedécharge à bout portant, en abattirent trois cents et en blessèrentplusieurs centaines. Les Russes et les Prussiens, frappés de terreur, sedébandèrent et se retirèrent en désordre. Lel7 e de dragons, débou-chant alors de la tête de pont, se jeta sur eux au galop, et en sabraun bon nombre.
L’attaque ne fut pas poussée plus avant sur ce point. Elle n’avaitpas coûté à l’ennemi moins de C00 à 700 hommes. Notre perle étaitinsignifiante.
Cette vigoureuse manière de recevoir les Russes tout le long de laPassarge leur causa une surprise facile à concevoir, et produisit uncommencement d’hésitation dans des projets trop peu médités pourêtre poursuivis avec persévérance. La colonne russe et prussienne desgénéraux Kamenski et Rcmbow, battus à Spandeu, attendit des ordresultérieurs, avant de s’engager dans de nouvelles entreprises. Le lieu-tenant général Doctorow , arrêté au pont de Lomitten, remonta laPassarge pour se rapprocher du gros de l’armée russe. Le général Ben-ningsen, entouré à Quetz du plus grand nombre de scs troupes, n’ayantpu enlever le corps du maréchal Ney, mais l’ayant obligé à rétrogra-der , et ne se rendant pas compte encore de tous les obstacles qu’ilallait rencontrer, résolut un nouvel effort pour le lendemain, contrece même corps, objet de scs plus violentes attaques.
Six ou sept heures après ces tentatives simultanées sur la ligne dela Passarge, Napoléon en recevait la nouvelle à Finkenstein, car il étaità peine à douze lieues du plus éloigné de ses lieutenants, et il avait eusoin de préparer ses moyens de correspondance, de façon à être informédes moindres accidents avec une extrême promptitude. Il était devancéde cinq jours seulement, puisque ses ordres avaient été donnés pourle 10 juin. On ne le prenait donc pas au dépourvu. Ses idées étantarrêtées pour tous les cas, aucune hésitation et dès lors aucune pertede temps ne devait ralentir ses dispositions. Il approuva la conduite dumaréchal Ney, lui adressa les éloges qu’il avait mérités, et lui prescrivitde se retirer en bon ordre sur Deppen, et, s’il ne pouvait défendre laPassarge à Deppen, de se replier à travers le labyrinthe des lacs,d’abord à Liebemühl, puis à Saalfeld . Il ordonna au maréchal Davouslde se réunir immédiatement avec ses trois divisions sur le flanc gauchedu maréchal Ney, en se dirigeant vers Osterodc, ce qui était déjà