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LITRE XXVII.
et lui donna un corps de quelques mille chevaux sous le généralGrouchy , pour enlever les détachements russes demeurés en arrière.Sur la route directe de Wehlau à Tilsit, il achemina Murat avec le grosde la cavalerie, et le fit suivre immédiatement par les corps de Mor-tier, Lannes, Victor et Ney. Le corps de Davoust devait au besoinrejoindre l’armée en une seule marche. Napoléon était ainsi en mesured’accabler les Russes , s’ils avaient la prétention de s’arrêter de nouveaupour combattre. Sous la droite il jeta deux mille chevau-légers, hus-sards et chasseurs, pour remonter la Prégel, et barrer la route à toutce qui se retirait de ce côté, blessés, malades, traînards, convois.
Ces habiles dispositions nous valurent encore la prise de plusieursmille prisonniers, et de divers convois de vivres, mais elles ne pou-vaient plus nous procurer une bataille avec les Russes . Pressés de seréfugier derrière le Niémen , ils y arrivèrent le 18, achevèrent de lefranchir le 19, et détruisirent au loin tous les moyens de passage. Le19 nos coureurs, après avoir poursuivi quelques troupes de Calmouksarmés de flèches, ce qui égaya fort nos soldats peu habitués à ce genred’ennemis, poussèrent jusqu’au Niémen , et virent de l’autre côté de cefleuve l’armée russe, campée derrière ce boulevard de l’empire, quelleavait été si impatiente d’atteindre.
Là devait se terminer la marche audacieuse de l’armée française,qui, partie du camp de Boulogne en septembre 1805 , avait parcourula plus grande étendue du continent, et vaincu en vingt mois toutesles armées européennes. Le nouvel Alexandre allait s’arrêter enfin, nonpar la fatigue de ses soldats, prêts à le suivre partout où il auraitdésiré les conduire, mais par l’épuisement de ses ennemis, incapablesde résister plus longtemps, et obligés de lui demander la paix dont ilsavaient eu l’imprudence de ne pas vouloir quelques jours auparavant.
Le roi de Prusse avait laissé à Memel la reine, son épouse, instiga-trice désolée de cette guerre funeste, pour rejoindre l’empereurAlexandre sur les bords du Niémen. Le modeste Frédéric-Guillaume ,quoiqu’il ne partageât point les folles illusions que la bataille d’Eylauavait fait naître chez son jeune allié, s’était laissé entraîner néanmoinsà refuser la paix, et il prévoyait maintenant qu’il payerait ce refus dela plus grande partie de ses Etats. Alexandre était abattu comme aulendemain d’Austerlitz. Il s’en prenait des derniers événements au gé-néral Benningsen, qui avait promis ce qu’il ne pouvait pas tenir, et ilne se sentait plus la force de continuer la guerre. Son armée d’aill urs