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LIVRE XXVll
armistice , et que, cet armistice obtenu, l’empereur Alexandre cher-cherait à se ménager une entrevue avec Napoléon . On savait, parexpérience , à quel point celui-ci était sensible aux égards des souve-rains ennemis, à quel point il était accommodant le lendemain descs victoires , et le souvenir- de ce qu’avait obtenu de lui l’empereurFrançois au bivac d’Urscliitz lit espérer une paix moins dommageableque celle qu’on pouvait craindre, sinon pour la Russie , qui n’avait quede la considération à perdre, au moins pour la Prusse, qui était toutentière dans les mains de son vainqueur.
En conséquence, le 19 juin le prince Bagration fit parvenir à Murataux avant-postes une lettre que lui avait écrite le général en chefBenningscn , et dans laquelle celui-ci, déplorant les malheurs de laguerre, oll'rait un armistice comme moyen d’y mettre fin. Cette lettre,remise à Napoléon qui arrivait en ce moment à Tilsit, fut fort bienaccueillie, car , ainsi que nous l’avons dit, il commençait à sentircombien les distances aggravaient les difficultés des opérations mili-taires. Il y avait près d’une année qu’il était éloigné du centre de sonempire, et il éprouvait le besoin d’y rentrer , d’assembler surtout lecorps législatif, dont il avait différé la réunion, ne voulant pas le convo-quer en son absence. Il était enfin, en recueillant les propos de l’arméerusse, conduit à penser qu’il trouverait peut-être dans la Russie cet alliédont il avait besoin pourfermerà tout jamais le contineutà l'Angleterre.
Il fit donc une réponse amicale, consistant à dire qu’après tant detravaux, de fatigues, de victoires, il ne désirait qu’une paix sûre ethonorable, et que si cet armistice en pouvait être le moyen, il étaitprêt à y consentir. Sur cette réponse, le prince de Labanoff se rendità Tilsit, vit Napoléon , lui manifesta les dispositions qui éclataient detoutes parts autour d’Alexandre , et après avoir reçu l’assurance quedu coté des Français le voeu de la paix n’était pas moins vif, quoiquemoins commandé par la nécessité, il convint d’un armistice. Napoléonvoulait que les places prussiennes de la Poméranie et de la Pologne qui tenaient encore, telles que Golberg,Pillau, Graudentz, lui fussentremises. Mais il fallait pour cela le consentement du roi de Prusse,absent alors du quartier général russe, et de la part duquel on crai-gnait d’ailleurs quelque résistance, lorsqu’on lui proposerait d’aban-donner ces places, les dernières restées entre ses mains. On stipuladonc un armistice particulier cnlre les armées française et russe, lequelfut signé le 22 juin par le prince de Labanoff et par le prince de Neu-