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vaises, on n’était guère en mesure de les contredire. Il fallait choisir :ou n’avoir rien nulle part, ne s’agrandir d’aucun côté, sans empêcherla Pologne de renaître, la Prusse de tomber, ou s’agrandir beaucoupdans le sens indiqué par Napoléon . Alexandre n’hésita pas. D’ail-leurs il était tellement séduit, charmé, qu'il n’y avait pas besoinde la force pour le décider. Mais il s’agissait de savoir commenton ferait supporter son malheur à Frédéric-Guillaume , qui, envoyant les deux empereurs si intimes, avait pu se flatter d’ètre le motifde cette intimité, et d’en recueillir le prix. Alexandre se chargea, quel-que embarrassant que fut ce rôle, de faire les premières ouvertures,et après avoir communiqué à Frédéric-Guillaume les résolutions quile concernaient, de lui laisser le soin de s’en entendre directement avecl’arbitre suprême, qui traçait les frontières de tout le monde. Frédé-ric-Guillaume accueillit mal les ouvertures d’Alexandre , et se promitd’en référer à Napoléon . Le malheureux roi de Prusse, que la fortuitefavorisait alors si peu, mais qu elle devait dédommager plus tard,n’était pas capable de traiter lui-même ses propres affaires. Il n’étaitni adroit, ni imposant ; et si parfois son âme, soulevant le poids dumalheur, se livrait à quelques mouvements involontaires,c’était à desmouvements de brusquerie, fort peu séants chez un roi sans Etats etsans armée. La ville de Memel , où la reine de Prusse passait ses nuitset ses jours à pleurer, les 10,01)0 ou 15,000 hommes du géaéral Les-tocq, voilà tout ce qui lui restait. Ce prince eut une longue explica-tion avec Napoléon , et, comme dans leur première entrevue, s’attachaà lui prouver qu’il n’avait pas mérité son malheur, car l’origine de sesdémêlés avec la Fiance remontait à la violation du territoire d’An-spach, et en traversant la province d'Anspach, allirmait-il avec obsti-nation, Napoléon avait manqué à la souveraineté prussienne. La ques-tion avait peu d’importance au point où en étaient, les choses, mais àcet égard Napoléon éprouvait une conviction égale à celle de son inter-locuteur. En traversant cette province d’Anspach, il avait agi avec uneparfaite bonne foi, et il tenait à avoir raison sur ce point, autant ques’il n’eùt pas été le plus fort. Les deux monarques s’animèrent, et leroi rie Prusse, dans son désespoir, se livra à des emportements, regret-tables pour sa dignité, peu utiles à sa cause, embarrassants pour Napo-léon. iaporluné de ses plaintes, Napoléon le renvoya à son allié Alexan-dre, qui l’avait entraîné à continuer la guerre, lorsque, le lendemaind’Eylau, la paix eut été possible et avantageuse pour la Prusse. « Du