Band 
[7. - 8.]
Seite
427
JPEG-Download
 

FRIEDLAND ET TILSIT.

437

reste, lui dit-il, l’empereur Alexandre a un moyen de vous indemni-ser, c’est de vous sacrifier ses parents, les princes de Mecklembourg etd’Oldenbourg , dont les États procureront un beau dédommagementà la Prusse, vers le nord et vers la Baltique ; c’est aussi de vous aban-donner le roi de Suède, auquel vous pourrez prendre Stralsund , et laportion de la Poméranie dont il se sert si mal. Que l’empereur Alexan-dre consente pour vous à ces acquisitions, non pas égales aux terri-toires qu’on vous enlève , mais mieux situées, et quant à moi je nem’y opposerai pas. » Napoléon était fondé à renvoyer Frédéric-Guil-laume à Alexandre, qui aurait pu effectivement procurer ces compen-sations à la Prusse. Mais Alexandre avait déjà bien assez de l’embar-ras que lui causait la tristesse de ses alliés prussiens , sans y ajouterdans sa propre famille des plaintes, des reproches, des visages cons-ternés. Frédéric-Guillaume n’aurait pas même osé en parler, et il pritl’offre pour une défaite. Il fut donc obligé de se résigner au sacrificed’une moitié de son royaume. Cependant il était possible de lui ména-ger quelques consolations de détail, qui eussent fort adouci son chagrin.On lui laissait la vieille Prusse, la Poméranie, le Brandebourg, la Silésie ,mais on lui enlevait la Pologne , on lui enlevait les provinces à la gau-che de l’Elbe , et on lui devait, en prenant ces vastes parties de ses États,de ne pas trop isoler entre elles celles qui lui restaient. C’était, eneffet, avec des empiétements successifs sur la Pologne , que Frédéricavait lié ensemble la vieille Prusse, la Poméranie, le Brandebourg , laSilésie. Il s’agissait de savoir quelles portions de la Pologne on laisse-rait à la Prusse, pour bien rattacher ces provinces entre elles. Enfin,et par-dessus tout, il s’agissait desavoir si, en assignant à la Prusse lafrontière de l’Elbe en Allemagne , on lui accorderait la place de Magde-bourg, qui est sur l’Elbe plus importante encore que celle de Mayence ou de Strasbourg sur le Rhin .

Napoléon consentait à ce que les frontières de la Pologne lussenttracée de manières à lier autant que possible la vieille Prusse, la Po-méranie, le Brandebourg, la Silésie ; mais en concédant la basseVislule à Frédéric-Guillaume, il voulait lui enlever Dantzig , et la con-stituer ville libre comme Brème, Lubeck et Hambourg . Quant à Mag-debourg, il était inflexible. Mayence, Magdebourg formaient les étapesde sa puissance au nord, il n’était pas possible qu’il y renonçât. Il futdoue absolu dans ses volontés, relativement à Dantzig et à Magdebourg .

Le roi de Prusse se résigna encore au sujet de Dantzig, mais il