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qu'ajourné scs désirs sans les satisfaire. Une occasion se présentaitd'accroître le nombre des grands dignitaires, c’était l'absence indéfiniedes princes de la famille impériale, qui étaient à la fois grands digni-taires et souverains étrangers. Il y en avait trois dans ce cas : LouisBonaparte , qui était roi de Hollande et connétable ; Eugène de Beau-harnais, qui était vice-roi d Italie et archichancelier d’Élat. ; enfinJoseph, qui était roi de Naples et grand-électeur. M. de Tallcyrandavait insinué à l’Empereur qu’il fallait leur donner des suppléants,sous les titres de vice connétable, de vicc-grand-élccteur, de vice-chancelier d’Etat, et que si, à la vérité, ces fonctions fort peu activesn’exigeaient guère un double titulaire, on ne pouvait trop multiplierles grandes charges destinées à récompenser les services éclatants.M. de Tallcyrand aurait voulu devenir vicc-grand-élccteur, et, laissantà un ministre des affaires étrangères le soin vulgaire d’ouvrir et d’ex-pédier des dépêches, continuer à diriger lui-même les principalesnégociations. Il n’avait négligé, pendant son séjour à l’année, aucuneoccasion d’entretenir l’Empereur de ce sujet, ne cessant de prôner lesavantages de ces nouvelles créa lions, et alléguant, pour ce qui le con-cernait en particulier, son âge, scs infirmités, ses fatigues, son besoinde repos. Il avait, à force d’instance, obtenu une sorte de promesse,que Napoléon s’était laissé arracher à contre-cœur ; car il ne voulait pasque les grands dignitaires exerçassent des fonctions actives, vu que,participant en quelque sorte à l’inviolabilité du souverain, ils n’étaientguère faits pour être responsables. Napoléon au contraire tenait essen-tiellement à pouvoir destituer les personnages revêtus de fonctionsactives, et il répugnait surtout à placer dans une position de demi-inviolabilité un personnage dont il se défiait, et qu’il croyait prudentde garder toujours sous sa main toute-puissante.
A peine de retour à Paris , au moment où chacun allait recevoir larécompense de ses services pendant la dernière guerre, M. de Talley-rand se présenta à Saint-Cloud, pour rappeler à Napoléon ses pro-messes. L’archichancelier Cambacérès était présent. Napoléon laissapercer un mécontentement très-vif. •< Je ne comprends pas, dit-ilbrusquement à M. de Talleyrand , votre impatience à devenir granddignitaire, et à quitter un poste où vous avez acquis votre importance,et où je n’ignore pas que vous avez recueilli de grands avantages(allusion aux contributions qu’on disait avoir été levées sur les princesallemands, à l’époque des sécularisations). Vous devez savoir que je ne