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FONTAINEBLEAU .

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y avait apporté encore un peu plus de calme et de silence. Après desconférences tenues chez l'archichancelier, un membre du Tribunat, unmembre du Conseil d’Etat , allaient prononcer chacun un discoursdevant le Corps législatif, ou en sens contraire, ou dans le même sens,suivant qu’il y avait eu accord ou divergence. Le Corps législatifvotait ensuite sans mot dire, et à une immense majorité, les projetsprésentés, excepté dans quelques cas très-rares, où il s’agissait d’in-térêts matériels, les seuls sur lesquels on se permit de différer d’avisavec le gouvernement ; excepté aussi dans quelques cas plus raresencore, où les propositions dont il s’agissait blessaient les sentimentsdes hommes attachés à la révolution, sentiments assoupis, non éteintsdans les cœurs. Alors des minorités de quarante ou cinquante voixprouvaient que la liberté était ajournée, non détruite en France .Ainsi marchaient les affaires intérieures, silencieusement et vite, avecl’approbation générale, fondée sur la persuasion que ces affaires étaientparfaitement conduites, l’Empereur ayant le plus souvent imaginé, leConseil d’Etat approfondi, le Tribunat contredit dans leur rédaction,les mesures adoptées. Quant aux affaires extérieures, qu’il eût ététemps alors de discuter hardiment, pour arrêter celui que l’entraîne-ment de son génie allait bientôt précipiter dans les abîmes, elles étaientréservées exclusivement à l’Empereur et au Sénat , dans des propor-tions fort inégales, comme on le pense bien. Napoléon décidait à sougré la paix, la guerre, d une manière plus absolue que les empereursde l’ancienne Rome, les sultans de Constantinople , ou les czars deRussie , car il n’avait ni prétoriens, ni janissaires, ni slrélitz, ni ulé-mas, ni aristocratie. Il n’avait que des soldats, aussi soumis qu’héroï-ques, qu’un clergé appointé et exclu des affaires, qu’une aristocratiequ’il créait avec des titres enfantés par son imagination, et avec unefortune tirée de ses vastes conquêtes. De temps à autre il faisait confi-dence au Sénat des négociations diplomatiques, quand elles avaientabouti à la guerre. Le Sénat , qui depuis 1803 avait reçu en l’absencedu Corps législatif l’attribution de voter les levées d’hommes, payaitces confidences par deux ou trois conscriptions, que l’Empereur payaità son tour par des bulletins magnifiques, par des drapeaux noircis etdéchirés, par des traités de paix malheureusement trop peu durables,et le pays ébloui de tant de gloire, charmé de son repos, trouvant lesaffaires intérieures supérieurement conduites, les affaires extérieuresélevées à une hauteur inouïe, désirait que cet étal de choses se main-