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veillance naturelle autant que par politique, n’aimait jamais à froisser.Il fut donc résolu que les membres du Tribunat s’en iraient avec leursprérogatives chercher un asile dans le sein du Corps législatif, où ilsdevaient trouver un titre et des appointements. Cependant Napoléonne voulait pas rendre trop nombreux le corps législatif, fixé alors àtrois cents membres, en y versant le Tribunat tout entier. Aussin’ouvrit-il cet asile qu’aux membres les plus obscurs du corps. Quantà ceux qui avaient montré des lumières, de l’application aux affaires,il leur destina de hauts emplois. Il plaça d’abord au Sénat M. Fabrede l’Aude , qui avait présidé leTribunat avec distinction, et M. Curée,qui avait commencé sa carrière par la manifestation d’un républica-nisme ardent, mais qui l’avait terminée par la motion de rétablir lamonarchie, en instituant l’Empire. Quaut aux autres membres duTribunat distingués par leur mérite, Napoléon ordonna aux ministresde l’intérieur et de la justice de les lui proposer pour les places vacantesde préfets, de premiers présidents, de procureurs généraux. Enfin, ilen réservait quelques autres pour les faire figurer dans une nouvellemagistrature qui devait être le complément de nos institutions finan-cières, la Cour des comptes, dont nous raconterons bientôt lacréation.
Il y avait une autre mesure que Napoléon n’était pas moins impa-tient de prendre, et qu’il regardait comme beaucoup plus urgente quela suppression du Tribunat ; c’était l’épuration de la magistrature. Legouvernement du Consulat, au moment de son installation, avait ap-porté dans ses choix un excellent esprit ; mais, pressé de s’établir, ilavait choisi à la hâte les membres de toutes les administrations, et,s’il s’était moins trompé que les gouvernements qui l’avaient précédé,il s’était trompé beaucoup trop encore pour ne pas être bientôt obligéde réformer quelques-unes de ses premières nominations. Dans tousles ordres de fonctions il était revenu sur plusieurs d’entre elles, etces changements de personnes avaient été d’autant plus approuvableset approuvés, que ce n’était jamais une influence politique qui les avaitdictés, mais la connaissance acquise du mérite de chacun. Dans la ma-gistrature, rien de pareil n’avait pu s’accomplir, à cause de l’inamovi-bilité établie par la constitution de M. Sieycs, et certains choix faits enl’an vm, dans l'ignorance des hommes, dans la précipitation d’uneréorganisation générale, étaient devenus avec le temps un scandalepermanent. On avait bien attribué à la Cour de cassation une juridic-