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FONTAINEBLEAU .

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Sa pensée ardente, aimant à plonger dans l’avenir, avait déjà re-eherché quel serait en quelques années l’état des finances du pays, etil avait constaté qu’en quinze ans l’extinction rapide des rentes via-gères et des pensions ecclésiastiques, le rachat également rapide desrentes perpétuelles dotées d’un fonds d’amortissement que la vente,chaque jour plus avantageuse, des biens nationaux rendait très-puis-sant, réduiraient la dette publique de 104 millions à 74. Mais bienavant ce résultat, qu’il fallait attendre plusieurs années encore, le ré-tablissement de la paix pouvait faire tomber les dépenses publiquesfort au-dessous de 720 millions, faire monter fort au-dessus les reve-nus, et offrir d’abondants moyens ou de dégrèvements, ou de créationsutiles. Sans les fautes que nous aurons bientôt à raconter, ces beauxrésultats eussent été réalisés, et les finances de la France auraient étésauvées avec sa grandeur.

Au bon état des finances se joignait depuis l’année précédente unefacilité toute nouvelle dans le service du Trésor. On se souvient quediverses causes, dont l’une était permanente et les autres accidentelles,avaient rendu ce service liés-difficile, et avaient donné au Trésor l’ap-parence du riche embarrassé, qui, soit par défaut d'ordre, soit par diffi-culté de recouvrer ses revenus, ne peut pas suffire à ses dépenses cou-rantes. La cause permanente naissait du régime des obligations et desbons à vue que les receveurs généraux souscrivaient, et qui, acquit-tables à leur caisse, mois par mois, étaient le moyen par lequel le pro-duit des impôts arrivait au Trésor. Les obligations , représentant lavaleur des contributions directes, n’étaient souscrites qu’à deséchéances assez éloignées, et un quart au moins n’était payable quequatre, cinq ou six mois après l’année à laquelle elles appartenaient.

Les bons à vue , représentant les contributions indirectes, et souscritsà des époques indéterminées, postérieurement au versement réalisé del’impôt, ne faisaient parvenir à l’Etat les produits de ces contributionsque cinquante ou soixante jours après leur entrée dans les caisses desreceveurs généraux. Ces derniers avaient ainsi des jouissances de fondsqui constituaient une partie de leurs émoluments. Mais ce qui en-traînait des inconvénients beaucoup plus graves que des bénéficesexcessifs accordés à des comptables, c’était la nécessité où se(rouvait le Trésor, pour réaliser ses revenus en temps opportun,de faire escompter ces obligations et bons à vue , quelquefois par-la Banque , quelquefois par de gros capitalistes, qui lui avaient fait